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Château de Lanquais en Dordogne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Renaissance

Château de Lanquais

    D22
    24150 Lanquais
Propriété privée
Château de Lanquais
Château de Lanquais
Château de Lanquais
Château de Lanquais
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Château de Lanquais
Château de Lanquais
Château de Lanquais
Crédit photo : Hans Hillewaert - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers 1460
Construction de la tour octogonale
1531
Mariage de Marguerite de La Cropte
1561–1574
Construction de l'aile Renaissance
24 mars 1577
Siège par Henri de La Tour d'Auvergne
1600
Cheminées monumentales commandées
8 juillet 1942
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château et l'allée d'ormeaux qui y conduit : classement par arrêté du 8 juillet 1942 - L'aile ouest, les dépendances, le mur d'enceinte, la cour et son terrain d'assiette, en totalité, à l'exception des parties déjà classées (cad. A 628) : inscription par arrêté du 14 septembre 2010

Personnages clés

Jean de La Cropte - Seigneur et gouverneur de Beaumont Reconstruit la tour octogonale vers 1460.
Galliot de La Tour - Seigneur de Limeuil et chevalier Commanditaire de l'aile Renaissance (1561–1574).
Henri de La Tour d'Auvergne - Duc de Bouillon et maréchal de France Assiège le château en 1577, héritier en 1588.
Pierre Souffron - Architecte Conçoit l'aile Renaissance du château.
Isabelle de Limeuil - Espionne de Catherine de Médicis Sœur de Galliot, membre de l'« escadron volant ».
Élisabeth de Nassau - Duchesse de Bouillon Commande les cheminées en 1600 avec Henri.

Origine et histoire

Le château de Lanquais, implanté dans le Périgord pourpre en Dordogne, se distingue par sa dualité architecturale : un corps de logis médiéval du XVe siècle, conçu pour la défense, et une aile Renaissance inspirée du Louvre, ajoutée au XVIe siècle. Cette juxtaposition reflète les transitions politiques et artistiques de l'époque, avec des influences italiennes marquées. Le surnom de 'Louvre inachevé du Périgord' vient de sa ressemblance avec l'aile Lescot, bien que seul un tiers du projet initial ait été réalisé.

La construction du château s'étale sur plusieurs siècles, depuis une forteresse du XIIIe siècle appartenant à la famille de Mons, jusqu'aux transformations majeures au XVIe siècle. En 1460, Jean de La Cropte, ralliée au roi de France après avoir soutenu les Anglais, érige la tour octogonale sur les ruines d'un donjon brûlé. Le château passe ensuite aux mains des La Tour d'Auvergne, famille liée aux Médicis et à la couronne, via le mariage de Marguerite de La Cropte avec Gilles de La Tour en 1531. Leur fils, Galliot de La Tour, entreprend entre 1561 et 1574 la construction de l'aile Renaissance, avec l'architecte Pierre Souffron, pour afficher son allégeance catholique dans une région gagnée par le protestantisme.

L'histoire du château est marquée par des conflits religieux et politiques. En 1577, Henri de La Tour d'Auvergne, protestant et futur duc de Bouillon, assiège Lanquais avec cinq canons, tirant 200 boulets et interrompant les travaux. Malgré cela, le château devient un symbole de pouvoir : Henri IV y nomme Henri de La Tour amiral de France (1592), puis maréchal (1594). Les cheminées monumentales, commandées en 1600 à des artisans italiens par Henri et son épouse Élisabeth de Nassau, témoignent de ce faste. Après 1623, le château, hérité par Frédéric-Maurice de Bouillon, est progressivement négligé avant d'être vendu au duc d'Antin en 1732.

Classé monument historique en 1942 pour son corps central et son allée d'ormeaux, puis inscrit en 2010 pour ses dépendances et son enceinte, le château conserve des éléments intacts : plafonds, menuiseries et cheminées sculptées du XVIe siècle. Son plan initial, inspiré des résidences royales, devait doubler sa taille actuelle, avec un grand corps de logis flanqué de pavillons. Les façades Renaissance, rythmé par des chaînages et des frontons, contrastent avec les mâchicoulis médiévaux, illustrant l'évolution des goûts et des techniques.

Avant le XVe siècle, le site abritait successivment une résidence épiscopale (Xe–XIIe siècles), une palissade en bois (XIe siècle), puis une forteresse en pierre (XIIIe siècle) détenue par les évêques de Périgueux puis la famille de Mons. En 1345, le château est pris par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans, avant d'être reconstruit. Les fouilles suggèrent aussi un habitat préhistorique, soulignant l'occupation millénaire du lieu. Aujourd'hui, le château se visite et offre un témoignage unique des mutations architecturales et politiques du Périgord.

Liens externes