Origine et histoire du Château de Lantenay
Le château de Lantenay, situé à flanc de coteau à la limite orientale du village du même nom en Côte-d'Or, trouve ses origines dans un site médiéval. Dès 584, le roi Gontrand rattache Lantenay aux possessions de Saint-Bénigne. Le lieu devient un point stratégique pour les ducs de Bourgogne : Hugues IV y marie sa petite-fille Alix en 1268, Agnès de France y reçoit des seigneurs en 1316, et Eudes IV y dicte son testament en 1349. Au XVe siècle, le château change plusieurs fois de mains, passant entre celles de Jean sans Peur, Philippe le Bon, et Robert de Montgomery, avant que sa grosse tour ne soit démolie vers 1594.
En 1619, Jean Bouhier, conseiller au Parlement de Bourgogne, acquiert le domaine et fait ériger l’actuel château sur les vestiges d’une forteresse du XIIe siècle, dont subsiste une chapelle ornée de fresques. Son petit-fils, Benoît-Bernard Bouhier, président au Grand Conseil, obtient en 1677 l’érection des terres en marquisat sous le nom de Beaumanoir. Le château est alors profondément remanié, avec des travaux de décoration poursuivis par son fils Antoine-Bernard Bouhier au XVIIIe siècle. La lignée des Bouhier, marquée par des alliances familiales complexes, conserve le domaine jusqu’à la Révolution, où il est vendu comme bien national.
L’architecture actuelle, reconstruite à partir du XVIIe siècle, se compose de deux corps de bâtiment en L, encadrés de pavillons abritant des escaliers en fer forgé. La cour intérieure intègre un nymphée et une terrasse à balustres, tandis que le parc à l'anglaise, aménagé au XIXe siècle, abrite un colombier, une chapelle médiévale et un pavillon du XVIIe siècle. Classé Monument Historique, le château a bénéficié de restaurations majeures en 1922, modifiant sa distribution intérieure et sa décoration, tout en préservant des éléments des XVIIe et XVIIIe siècles.
Parmi les éléments protégés figurent les deux escaliers monumentaux (classés en 1963), le nymphée, la glacière et le pavillon du jardin (classés en 1988), ainsi que les façades, toitures, le colombier et l’orangerie (inscrits en 1988). Le site reflète ainsi plusieurs siècles d’histoire architecturale et familiale, depuis ses origines médiévales jusqu’à ses transformations modernes.