Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Laprée à Quiestède dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Laprée

  • Château de la Prey
  • 62120 Quiestède
Château de Laprée
Château de Laprée
Château de Laprée
Crédit photo : Velvet - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
62120 Quiestède, Château de la Prey

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1425
Première mention de la seigneurie
1669
Acquisition par les Lencquesaing
1740
Construction du château actuel
1741
Reconstruction de la chapelle
XIXe siècle
Transformations majeures
1986
Classement partiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château ; façades et toitures du pavillon daté 1676. (cad. B 44) : inscription par arrêté du 9 septembre 1986

Personnages clés

Jean-Jacques II de Lencquesaing (1629–1683) - Premier propriétaire Lencquesaing Anobli en 1661, acquéreur de la seigneurie.
Dominique-Jean-Jacques de Lencquesaing (1706–1776) - Bâtisseur du château actuel Commanditaire des plans de Chipart en 1740.
Jean-Louis Chipart - Architecte du château Géomètre arpenteur audomarois, concepteur des plans.
Louis-Dominique-Arthur de Lencquesaing (1809–1887) - Transformateur du XIXe siècle Supprime fossés, redessine parc et intérieurs.
Albéric-Louis de Lencquesaing (1851–1936) - Modernisateur du château Ajoute un étage, renforce les fondations en 1892.

Origine et histoire du Château de Laprée

Le château de Laprée, situé à Quiestède dans le Pas-de-Calais, trouve ses origines dans une ancienne seigneurie dépendant de Quiestède, mentionnée dès 1425. La terre de Laprée, initialement propriété de la famille Le Roy, fut acquise en 1669 par Jean-Jacques II de Lencquesaing, anobli en 1661, après la vente forcée par les héritiers d’Eustache-François Le Roy. Ce dernier, endetté, avait laissé un vieux château féodal entouré de fossés et d’un pont-levis, symbole du statut nouveau de son acquéreur, receveur des aides d’Artois et mayeur d’Aire.

En 1740, Dominique-Jean-Jacques de Lencquesaing, futur grand bailli de Saint-Omer, fit construire l’actuel château sur les plans de l’arpenteur Jean-Louis Chipart, après l’incendie de sa résidence à Saint-Omer en 1737. Le bâtiment, en briques et pierres avec un toit d’ardoises bleutées, fut conçu pour séparer les espaces de réception, d’intimité et de service. Les jardins, dessinés par « maître May », adoptaient un style à la française, tandis que des fresques du peintre lillois van Mine ornaient le salon de compagnie. Une chapelle castrale, reconstruite ou restaurée en 1741, renforçait le caractère sacré du lieu.

Le XIXe siècle marqua une transformation radicale du domaine sous Louis-Dominique-Arthur de Lencquesaing : suppression des symboles féodaux (pont-levis, douves), redessin des intérieurs et du parc à l’anglaise, et surélévation du château en 1892 pour loger une famille nombreuse. Les jardins, initialement organisés en « boulingrins » au XVIIIe siècle, furent repensés pour s’harmoniser avec les perspectives depuis les salons. Le parc, incluant un étang créé à partir des fossés comblés, est aujourd’hui inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables.

Transmis sans interruption dans la famille de Lencquesaing depuis 1669, le château fut restauré dans les années 1980 et 2009 pour préserver son héritage architectural. Il conserve des archives exceptionnelles sur l’histoire des provinces du Nord sous l’Ancien Régime. Classé partiellement aux monuments historiques depuis 1986 (façades et toitures du pavillon de 1676), il s’ouvre au public lors des Journées du Patrimoine, témoignant de quatre siècles d’histoire familiale et régionale.

Le domaine s’étendait autrefois sur environ 40 hectares, incluant des dépendances agricoles (écuries, granges, boulangerie) et des jardins fruitiers expérimentaux. Les Lencquesaing, originaires du Hainaut, y ont accumulé des documents rares, étudiés pour leur reflet des représentations sociales de la noblesse artoise. Le château incarne ainsi à la fois une résidence seigneuriale, un lieu de mémoire et un exemple d’évolution architecturale des XVIIe au XIXe siècle.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours