Origine et histoire
Le château de Laréole fut édifié entre 1579 et 1583 par l’architecte Dominique Bachelier pour Pierre de Cheverry, fils d’un riche marchand de pastel toulousain et trésorier général des Finances du Languedoc. Ce château Renaissance, caractérisé par son quadrilatère flanqué de quatre tours bastionnées et ses façades en alternance de brique et pierre blanche, reflète l’influence de l’hôtel d’Assézat de Toulouse, construit par la même famille d’architectes. La cour intérieure, ornée d’une galerie à arcades en anses de panier, illustre le faste des notables toulousains de l’époque, qui en firent une résidence secondaire prisée.
En 1707, la propriété passe aux mains de Jean-Pierre Colomès, un banquier toulousain, marquant le début d’une phase d’embellissement. Au XVIIIe siècle, le parc s’enrichit d’un jardin à la française, de statues signées Marc Arcis (dont les originaux, disparus, sont connus par des maquettes conservées au Musée des Augustins), et de terrasses modelant la topographie escarpée selon les principes de Dézallier d’Argenville. Les aménagements, probablement commandités par Joseph Colomès (fils de Jean-Pierre), s’achèvent avant 1739, date de la mort du sculpteur. Le château, entouré de douves sèches et d’un verger en terrasses, incarne alors l’alliance entre architecture Renaissance et art des jardins classiques.
La Révolution française entraîne plusieurs changements de propriétaires, suivis d’un abandon à partir de 1922. Sauvé par le conseil départemental de la Haute-Garonne en 1984, le domaine bénéficie d’une restauration fidèle, incluant la reconstitution des fossés, des escaliers en rondins, et des balustrades en pierre. Classé Monument Historique dès 1927 (château), puis en 1991 (communs) et 1994 (parc), il ouvre aujourd’hui au public de juin à septembre, accueillant expositions et le festival 31 notes d’Été. Son parc, structuré par un axe nord-sud offrant une perspective sur les Pyrénées, mêle chênaie centenaire, cèdres du XIXe siècle, et potagers en quinconce, témoignant d’un savoir-faire paysager préservé.
L’architecture du château, inspirée des modèles toulousains, se distingue par ses fenêtres à meneaux, sa corniche à consoles cannelées, et son portail à boules classé. La polychromie des matériaux (brique rose et pierre claire) dialogue avec les éléments du parc, comme les socles de statues (Zéphire, Flore, Diane) ou les murs de terrasses. Les communs, construits à la fin du XVIIe siècle, complètent cet ensemble, tandis que les archives révèlent l’existence dès 1707 d’un jardin incluant vergers, pigeonniers, et bois. La restauration des années 1980, menée par Bernard Voinchet, a permis de restituer les glacis engazonnés et les allées de tilleuls, dans le respect des plans anciens.
Aujourd’hui propriété du département, le château de Laréole incarne un patrimoine à la fois civil (résidence aristocratique), agricole (vergers et potagers historiques), et culturel (festivals, expositions). Son histoire reflète les mutations économiques de Toulouse, du commerce du pastel (XVIe siècle) à la finance (XVIIIe siècle), tout en illustrant l’évolution des jardins, des parterres classiques aux paysages romantiques intégrant les Pyrénées en toile de fond. Les fouilles et archives continues pourraient révéler davantage sur son occupation entre 1739 et la Révolution, période moins documentée.
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