Origine et histoire du Château de Largentière
Le château de Largentière, situé dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes, trouve ses origines au XIIIe siècle. Construit sur un éperon rocheux dominant la vallée de la Ligne, il était initialement une tour de contrôle appelée Argentaria, liée à l'exploitation des mines de plomb argentifère. Ce site stratégique permettait de surveiller les routes commerciales et de protéger les ressources minières, objet de conflits entre l'évêque de Viviers et le comte de Toulouse.
Au XIIe siècle, les mines de Largentière deviennent un enjeu majeur entre les seigneurs locaux. En 1177, l'empereur Frédéric Barberousse accorde à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie, renforçant son pouvoir. Cependant, le comte de Toulouse, Raymond V, conteste cette autorité, conduisant à des accords fragiles et à la construction de tours rivales. La tour Argentaria, future base du donjon, symbolise cette rivalité. En 1210, un accord est signé entre l'évêque et le comte, mais les tensions persistent, notamment pendant la croisade des Albigeois.
Pendant la croisade des Albigeois (1209-1229), le château change plusieurs fois de mains. Raymond VII de Toulouse s'en empare en 1223, avant que le roi de France Louis VIII ne le récupère en 1226. Le traité de Paris (1229) confirme la mainmise de l'évêque de Viviers sur le château et les mines. Au fil des siècles, le château est agrandi, notamment aux XVe et XVIe siècles par les évêques Jean de Montchenu et Claude de Tournon, qui y ajoutent des remparts et une tour pentagonale.
Au XVIIe siècle, le château résiste à la révolte de Roure (1670), où il est assiégé pendant deux mois avant d'être libéré par les troupes royales, dont le célèbre mousquetaire d'Artagnan. En 1714, il est vendu au marquis de Brison, qui le transforme en résidence seigneuriale en y ajoutant des étages, un escalier monumental et une route carrossable. Après la Révolution, le château devient un tribunal, puis une prison jusqu'en 1847.
Racheté par la ville de Largentière en 1847, le château est converti en hôpital jusqu'en 1995. Des modifications majeures, comme l'ajout de deux étages en 1858, masquent partiellement le donjon. Depuis les années 1990, des campagnes de restauration visent à retrouver son aspect médiéval, avec la démolition des ajouts modernes et la restauration de la toiture du donjon en 2015. Aujourd’hui, il est destiné à accueillir un campus des métiers de la restauration et de l’hôtellerie d’ici 2027.