Frise chronologique
1178
Première mention écrite
Première mention écrite
1178 (≈ 1178)
Appellation *la rocha da larc* associée à Géraud-Doitran.
XIIIe siècle (vers 1233-1281)
Période des Gourdon
Période des Gourdon
XIIIe siècle (vers 1233-1281) (≈ 1257)
Hugues de La Roque et Fortanier de Gourdon développent le site.
1963
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1963 (≈ 1963)
Protection officielle du château et de ses vestiges.
1er janvier 2017
Fusion communale
Fusion communale
1er janvier 2017 (≈ 2017)
Intégration à Bellefond-La Rauze avec Cours et Valroufié.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Géraud-Doitran de Laroque - Seigneur médiéval |
Première mention en 1178, lié aux vicomtes de Cahors. |
| Fortanier de Gourdon (1241-1260) - Seigneur et bâtisseur |
Développe le château, hommage au roi de France. |
| Hugues de La Roque (1233-1250) - Ancêtre des Gourdon |
Transmet le fief par alliance matrimoniale. |
| Pons de Gourdon - Seigneur au XVe siècle |
Détient le château appelé *boria de Gordo*. |
| Georges Héreil - Industriel et propriétaire |
Propriétaire du château au XXe siècle, lié à l'avion Caravelle. |
Origine et histoire
Le château de Laroque-des-Arcs, souvent confondu avec le château de Polminhac situé à 1,5 km sur le territoire de Cahors, est un monument historique inscrit en 1963. Il se distingue par une enceinte ovale flanquée de tourelles circulaires, évoquant une ancienne motte castrale chemisée, et un donjon cylindrique du XIIe siècle. Construit sur un soubassement rocheux dominant la vallée du Lot, il combine des éléments en pierre (parties médiévales) et en brique (campagne du XIIIe siècle). Son architecture sophistiquée, incluant un donjon à empattement taluté et des archères, suggère une influence des modèles philippiens, comme le Louvre de Philippe Auguste, reflétant les ambitions des seigneurs de Gourdon, vassaux du roi de France au début du XIIIe siècle.
L’origine du château est liée à la protection de l’aqueduc romain alimentant Cahors, détruit par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. Les premières mentions du site remontent à 1178 sous le nom la rocha da larc, associé à Géraud-Doitran de Laroque, probablement lié aux vicomtes de Cahors. Au XIIIe siècle, le fief passe aux mains des Gourdon, famille puissante ayant hérité du site via des alliances matrimoniales. Hugues de La Roque (1233-1250) et son descendant Fortanier de Gourdon (1241-1260) jouent un rôle clé dans son développement. Le château, bien que simple repaire féodal, bénéficiait d’un prestige comtal en raison de son emplacement sur l’ancien aqueduc et de la présence de vestiges antiques.
Le donjon, construit en pierre calcaire locale, présente trois niveaux voûtés en coupole, avec des traces de mâchicoulis et des fenêtres géminées aux chapiteaux mêlant styles roman et gothique. Ces détails stylistiques, ainsi que les maçonneries en brique apparues vers le milieu du XIIIe siècle, suggèrent une construction échelonnée entre la fin du XIIe et le XIIIe siècle. Le logis médiéval, adossé à l’enceinte, montre des traces de deux campagnes distinctes, avec des fenêtres à colonnettes et des trous de boulins. Les remaniements des XVIIe et XVIIIe siècles ont profondément modifié la distribution intérieure, effaçant partiellement les aménagements originels.
Au XVe siècle, le château est parfois appelé boria de Gordo et appartient à Pons de Gourdon, seigneur de Laroque-des-Arcs. En 1504, il ne possède que la basse justice et dépend de l’évêque. Le site, bien que modeste sur le plan féodal, incarne un héritage vicomtal et une position stratégique près de Cahors. Les vestiges voisins, comme la tour de péage du XIIe siècle (inscrite en 1979) et les arcs de l’aqueduc, rappellent son rôle historique dans le contrôle des voies fluviales et terrestres. La fusion de Laroque-des-Arcs avec les communes voisines en 2017 pour former Bellefond-La Rauze marque une nouvelle étape de son histoire administrative.
Les fouilles et analyses architecturales révèlent une conception défensive avancée, avec une barbacane protégeant l’entrée et des tourelles dotées d’archères. La présence de marbres antiques et de chapiteaux inspirés de la cathédrale de Cahors souligne les liens entre le château et les élites locales. Les Gourdon, en s’alliant au roi de France contre le comte de Toulouse, ont pu s’inspirer des innovations capétiennes, comme en témoigne le donjon cylindrique. Malgré les destructions partielles et les reconstructions, le site conserve des éléments clés de son passé médiéval, offrant un témoignage rare de l’architecture militaire occitane.