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Château de Larressingle dans le Gers

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort gascon

Château de Larressingle

  • D507
  • 32100 Larressingle
32100 Larressingle, D507

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1900
2000
XIe siècle
Don initial à l’abbaye de Condom
1163 et 1245
Confirmations papales
1285
Acte de paréage
XIIIe siècle
Construction de la forteresse
1589–1596
Occupation par les Ligueurs
1922
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Hugues de Gascogne - Abbé fondateur et duc de Gascogne Lègue Larressingle à l’abbaye de Condom.
Arnaud Othon de Lomagne - Avant-dernier abbé de Condom Acheva les tours du château.
Auger d’Anduran - Abbé de Condom (1285–1305) Signa le paréage avec Édouard Ier.
Antoine-Arnaud de Pardaillan de Gondrin - Seigneur de Montespan et ligueur Occupa Larressingle de 1589 à 1596.
Duc de Trévise - Mécène du XXe siècle Fonda le comité de sauvegarde du village.

Origine et histoire du Château de Larressingle

Le château de Larressingle émerge dans l’histoire au XIe siècle, lorsque l’abbé Hugues de Gascogne, héritier des ducs de Gascogne, lègue ses terres de Larressingle et l’église Saint-Sigismond à l’abbaye de Condom. Ce don, confirmé par les bulles papales d’Alexandre III (1163) et Innocent IV (1245), scelle la domination des abbés, puis des évêques de Condom sur le village. Au XIIe siècle, l’église primitive est remplacée par un édifice roman à vocation défensive, reflétant les tensions régionales.

Au XIIIe siècle, dans le contexte de la rivalité franco-anglaise pour l’Aquitaine, les abbés de Condom fortifient Larressingle en une citadelle. La construction des tours est attribuée à Arnaud Othon de Lomagne, avant-dernier abbé, tandis que son successeur Auger d’Anduran conclut en 1285 un acte de paréage avec Édouard Ier d’Angleterre. Cet accord partage la justice et la gestion du castrum de Retrosingula (ancien nom de Larressingle) entre l’abbaye et la couronne anglaise, tout en renforçant les défenses contre les révoltes des habitants de Condom.

Le château ne joue qu’un rôle militaire mineur pendant la Guerre de Cent Ans, mais devient un enjeu lors des guerres de Religion. En 1589, les Ligueurs s’en emparent par surprise, l’utilisant comme base pour des razzias jusqu’en 1596. Antoine-Arnaud de Pardaillan de Gondrin, seigneur de Montespan, en prend le contrôle et résiste aux tentatives de reddition, malgré les négociations des consuls de Condom et du maréchal de Matignon. Il ne quitte Larressingle qu’en 1596, après sa soumission à Henri IV.

Dès le XVIIe siècle, les évêques délaissent Larressingle pour le château de Cassaigne, plus moderne. Au XVIIIe siècle, Mgr d’Anterroches, dernier évêque de Condom, fait démonter la toiture du château, accélérant son déclin. Vendu comme bien national pendant la Révolution, il est pillé et abandonné. Au début du XXe siècle, seul un comité de sauvegarde fondé par le duc de Trévise, avec des financements américains, évite sa disparition totale.

Aujourd’hui, Larressingle est classé parmi Les Plus Beaux Villages de France et attire 133 000 visiteurs annuels. Son enceinte médiévale presque intacte, son donjon trapézoïdal et son église Saint-Sigismond (XIIe–XIIIe siècles) témoignent de son passé stratégique. Le village abrite aussi un camp de siège médiéval reconstitué, offrant des démonstrations d’engins de guerre, et un musée dédié à la vie au Moyen Âge.

Liens externes

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