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Château de Lasserre dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Lasserre

    D11247600 Lasserre
Propriété privée
Château de Lasserre
Château de Lasserre
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1259
Première mention du castrum
1570
Mariage fondateur
1595–1602
Construction du château
1625
Ajout de la chapelle
1754
Changement de propriété
1851–1860
Restauration majeure
7 janvier 1926
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château : inscription par arrêté du 7 janvier 1926

Personnages clés

Jean-Paul d’Esparbès de Lussan - Sénéchal d’Agenais et commanditaire Fait construire le château entre 1595 et 1602.
Marin de la Vallée - Architecte parisien Dirige le chantier de 1595 à 1597.
Paul Vaudoyer - Maître maçon et architecte Termine le château en 1598, réalise les cheminées.
Catherine-Bernarde de Montagut - Dame de La Serre Épouse de Jean-Paul d’Esparbès, apporte Lasserre en dot.
Léopold de Gervain - Propriétaire-restaurateur (XIXe siècle) Modernise le château après 1835.
Balthazar Delly - Maître maçon lorrain Collabore à la construction de l’escalier.

Origine et histoire du Château de Lasserre

Le château de Lasserre, situé dans le département de Lot-et-Garonne, trouve ses origines au XIIIe siècle avec la mention d’un castrum en 1259, propriété d’Armand-Loup et Géraud de Lasserre, vassaux d’Alphonse de Poitiers. Ce site médiéval, appelé La Salle, dominait la vallée de la Baïse. Au fil des siècles, le fief change de mains : en 1487, il appartient à Louis de Montagut, puis passe en 1570 à Jean-Paul d’Esparbès de Lussan par son mariage avec Catherine-Bernarde de Montagut, dame de La Serre. La famille d’Esparbès conserve Lasserre jusqu’au XVIIIe siècle, marquant profondément son histoire.

La construction du château actuel débute entre 1595 et 1602, initiée par Jean-Paul d’Esparbès de Lussan, sénéchal d’Agenais et gouverneur de Blaye. Ce dernier fait appel à l’architecte parisien Marin de la Vallée, jeune maître maçon, pour ériger un édifice résidentiel, loin des canons défensifs de l’époque. Les travaux, documentés par des contrats conservés, impliquent aussi des entrepreneurs locaux comme Laurent Bouchet ou Jean Rocques. En 1596, l’aile sud-ouest est achevée, mais le chantier se poursuit jusqu’en 1598, date à laquelle Paul Vaudoyer, autre architecte parisien, prend la relève pour finaliser les aménagements intérieurs, dont trois cheminées monumentales.

Le château reste dans la famille d’Esparbès jusqu’au XVIIIe siècle, avant de passer aux Narbonne-Pelet, puis aux Digeon de Monteton par mariage en 1754. Ces derniers le transforment en ferme modèle au tournant du XIXe siècle. En 1835, à l’extinction de la lignée, le domaine échoit à Léopold de Gervain, qui entreprend d’importantes restaurations entre 1851 et 1860, modernisant les façades et démolissant la tour médiévale. Classé monument historique en 1926, le château incarne aujourd’hui un témoignage architectural de la Renaissance en Nouvelle-Aquitaine, mêlant héritage seigneurial et adaptations ultérieures.

L’architecture du château s’organise autour d’une cour centrale, flanquée de quatre tours et entourée de fossés. Le logis principal, prolongé par un chai, reflète une distribution typique des demeures nobles de l’époque. La chapelle, ajoutée en 1625, et les décors intérieurs (comme les cheminées de Vaudoyer) soulignent le faste recherché par ses commanditaires. Les sources historiques, notamment les travaux de Georges Tholin, révèlent une construction méticuleusement planifiée, alliant savoir-faire parisien et main-d’œuvre locale.

Le château de Lasserre illustre aussi les mutations sociales de l’Agenais : d’abord forteresse médiévale, il devient une résidence aristocratique à la Renaissance, puis une exploitation agricole aux XVIIIe–XIXe siècles. Son inscription au titre des monuments historiques en 1926 consacre sa valeur patrimoniale, tandis que les archives (contrats, inscriptions lapidaires) offrent un éclairage précieux sur les techniques de construction et les réseaux d’artisans de l’époque.

Liens externes

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