Origine et histoire
Le château de Lauzun est mentionné pour la première fois en 1259, lorsque Bégon de Caumont et ses frères rendent hommage à Alphonse de Poitiers pour ce castrum. Une charte de 1211 atteste que leur père, Nompar de Caumont, en était déjà seigneur. La seigneurie passe des Caumont aux Gontaut-Biron au XVIIIe siècle, bien que des membres de cette famille aient été associés au château dès 1294, suggérant une possible coseigneurie. Lauzun devient une baronnie au XIVe siècle, puis un comté en 1570 avant d’être érigé en duché en 1692.
Pendant les guerres de Religion, le château accueille des figures royales : Charles IX et Catherine de Médicis en 1565, le futur Henri IV en 1576, et Marguerite de Valois en 1581. La branche aînée des Caumont (protestante) et la cadette (catholique) s’y opposent. Le dernier duc, Armand-Louis de Gontaut-Biron, guillotiné en 1793, marque la fin de la lignée. Le château, vendu en 1807, subit des transformations radicales après cette date, avec la destruction des parties antérieures au XVe siècle.
Les fouilles des années 1990 révèlent un donjon roman (fin XIIe–début XIIIe siècle) et une salle adjacente, peut-être une chapelle. Au XVIe siècle, Gabriel-Nompar de Caumont construit une aile Renaissance de 60 m, intégrant une chapelle Sainte-Catherine et des salles d’apparat. Le « Dôme », édifié entre 1677 et 1689, relie les ailes. Au XVIIIe siècle, le château, délaissé par ses propriétaires, voit sa cour remblayée et son péristyle partiellement détruit. Classé monument historique en 1923 et 1963, il est restauré à partir de 1990 par M. et Mme Pierre Baron avant d’être remis en vente en 2014.
Le bourg de Lauzun s’est développé autour du château, entouré de remparts et de fossés dès le XIIIe siècle. Deux tours subsistent aujourd’hui. En 1438, le château est brièvement pris par des mercenaires espagnols dirigés par Rodrigue de Villandrando. Les transformations architecturales reflètent les évolutions sociales et politiques de la seigneurie, passée de simple castrum médiéval à résidence aristocratique des XVIIe–XVIIIe siècles.
L’inventaire de 1570 décrit une « grande tour carrée », un « corps du château » avec chambres hautes et basses, et un « grand château » desservi par un escalier à vis. La chapelle, non mentionnée dans cet inventaire mais attestée en 1575, est déplacée dans la nouvelle aile Renaissance. Les cheminées monumentales et un autel votif romain, situés dans le parc, sont classés dès 1923. Les fouilles de 1992 révèlent aussi un double péristyle reliant les ailes, aujourd’hui partiellement détruit.