Origine et histoire du Château De Lavagnac
Le château de Lavagnac, situé à Montagnac dans l’Hérault, est un édifice privé des XVIIe et XVIIIe siècles. Construit entre le 2e quart du XVIIe siècle et la 1ère moitié du XVIIIe siècle, il appartenait avant la Révolution au comte de Polastron, hérité de sa mère Yolande de Mirman. En 1770, il est vendu aux princes de Conti, puis passe à Jean-Maurice de Faventines de Fontenilles, fermier général originaire du Vigan. Le domaine, avec ses 180 hectares dominant la vallée de l’Hérault, est surnommé le « Versailles du Languedoc » pour ses terrasses et sa façade majestueuse.
Par succession, le château entre dans la famille Daudé d'Alzon, puis dans celles des Chastenet de Puységur et des Suarez d'Aulan. En 1987, il est racheté par le milliardaire japonais Hideki Yokoi, sans entretien effectué. Depuis 2006, le domaine fait l’objet de projets immobiliers spéculatifs, dont un en 2018 prévoyant 360 villas et un hôtel 5 étoiles, après des retards liés à des scandales financiers impliquant le promoteur Antonio de Sousa.
Le château est partiellement inscrit aux monuments historiques en 1951 (intérieurs de l’orangerie, écurie, cour d’entrée), puis classé en 1973 pour ses façades, toitures, terrasses, et jardins. En 1986-1987, il sert de décor au film Les Saisons du plaisir de Jean-Pierre Mocky, nommé aux Césars en 1989. Une broderie de buis, ajoutée dans les années 1960 par madame de Suarez d'Aulan, embellit encore le jardin ordonnancé.
Les sources historiques mentionnent deux campagnes de construction : la première entre 1622 et 1640 (château à tourelles et cour est), la seconde au XVIIIe siècle (ajout des écuries, orangeries, terrasses et fontaines). Le site, initialement un mansus médiéval lié au monastère d’Aniane, devient au XVIe siècle propriété des marquis d’Arènes, puis des Mirman, seigneurs d’Adissan, qui en lancent l’édification actuelle.
Malgré son prestige, le château a subi des périodes de négligence, notamment après son rachat par des investisseurs étrangers et les déboires judiciaires des promoteurs. Les projets récents visent à le réhabiliter en complexe touristique de luxe, bien que leur réalisation reste incertaine. Son classement et son histoire en font un témoignage architectural majeur du Languedoc.
Le domaine, avec son vivier, ses fontaines et ses balustrades, illustre l’évolution des résidences aristocratiques en Occitanie, entre influence classique et adaptation aux paysages méditerranéens. Son orangerie et ses écuries, protégées dès 1951, soulignent l’importance accordée aux dépendances dans les grands domaines d’Ancien Régime.