Frise chronologique
1140
Première mention du château
Première mention du château
1140 (≈ 1140)
Forteresse attestée sous Géraud de l’Isle-Arbéchan.
XVe siècle (1400-1410)
Résidence de Jean Ier d'Armagnac
Résidence de Jean Ier d'Armagnac
XVe siècle (1400-1410) (≈ 1405)
Siège des archives et mort d'Odile de Goth.
1400-1410
Résidence des comtes d’Armagnac
Résidence des comtes d’Armagnac
1400-1410 (≈ 1405)
Jean Ier y établit ses archives.
1473
Chute des Armagnac
Chute des Armagnac
1473 (≈ 1473)
Intégration au domaine royal après Lectoure.
1496
Prise par Charles VIII
Prise par Charles VIII
1496 (≈ 1496)
Fin de la domination armagnacaise.
1620
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1620 (≈ 1620)
Projet d’Antoine de Roquelaure et Suzanne de Bassabat.
1653
Arrêt des travaux
Arrêt des travaux
1653 (≈ 1653)
Épidémie de peste et château inachevé.
1923
Effondrement du toit
Effondrement du toit
1923 (≈ 1923)
Début de la ruine accélérée.
1961
Classement monument historique
Classement monument historique
1961 (≈ 1961)
Sauvetage après menace de destruction.
1970
Restauration par l’État
Restauration par l’État
1970 (≈ 1970)
Mise hors d’eau du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ensemble des bâtiments) (cad. D 2) : classement par arrêté du 14 mars 1961
Personnages clés
| Géraud de l’Isle-Arbéchan - Premier châtelain connu |
Vassal des comtes de Fezensac en 1140. |
| Jean Ier d'Armagnac - Comte d'Armagnac |
En fit sa résidence principale (1400-1410). |
| Odile de Goth - Épouse de Jean Ier |
Morte au château de Lavardens. |
| Charles Ier d'Armagnac - Dernier comte d'Armagnac |
Tenta de conserver Lavardens après 1473. |
| Antoine de Roquelaure - Maréchal et seigneur |
Commanditaire de la reconstruction en 1620. |
| Pierre Souffron - Architecte |
Cof concepteur du château Renaissance. |
| Pierre Levesville - Architecte |
Associé à Souffron pour la reconstruction. |
| Victor de Riqueti - Marquis de Mirabeau |
Propriétaire en 1752, espérait un titre ducale. |
| Vincent Steux - Sauveur du château |
Initiateur du classement en 1961. |
| Jean Ier d’Armagnac - Comte d’Armagnac |
En fit sa résidence principale vers 1400. |
Origine et histoire
Le château de Lavardens trouve ses origines au XIIe siècle, avec une première mention en 1140 comme forteresse médiévale contrôlée par les comtes de Fezensac, puis d’Armagnac. Jean Ier d’Armagnac en fait sa résidence au début du XVe siècle, y établissant ses archives et y voyant mourir son épouse Odile de Goth. Après la chute des Armagnac en 1473, le château, disputé par Charles Ier d’Armagnac, est finalement pris par les troupes royales en 1496, puis abandonné jusqu’à sa ruine.
Au XVIIe siècle, Antoine de Roquelaure, proche d’Henri IV, entreprend sa reconstruction à partir de 1620 sur les fondations médiévales, avec les architectes Pierre Souffron et Pierre Levesville. La mort de Roquelaure en 1625 et une épidémie de peste en 1653 interrompent les travaux, laissant le château inachevé. Vendu en 1752 au marquis de Mirabeau, puis en 1765 à la famille de Pins, il est loti en copropriété en 1852 avant de tomber en ruine, son toit s’effondrant en 1923.
Sauvé in extremis de la destruction en 1957 par des opposants locaux dont Vincent Steux, le château est classé monument historique en 1961. Sa restauration, initiée par des bénévoles du Club du Vieux Manoir et soutenue par l’État à partir de 1970, permet aujourd’hui d’y organiser des expositions. L’édifice mêle vestiges médiévaux (salles voûtées, meurtrières) et éléments Renaissance (tourelles, balcons), offrant un panorama sur la vallée.
L’architecture combine un corps rectangulaire principal et des tourelles carrées non défensives, conçues pour l’agrément. Les dix-sept salles des étages arboraient des pavements en brique et pierre calcaire aux motifs variés. Le clocher de l’église actuelle, ancien donjon médiéval, rappelle l’origine militaire du site. La façade ouest, avec ses trompes et encorbellements, illustre une prouesse technique rare pour l’époque.
La restauration a révélé des traces des deux phases majeures du château : la forteresse du XIIIe siècle, avec ses salles voûtées en berceau, et la résidence Renaissance inachevée. Les travaux du XXe siècle, menés par des passionnés, ont permis de stabiliser la structure et de mettre en valeur son histoire contrastée, entre pouvoir seigneurial, déclin et renaissance patrimoniale.