Origine et histoire
Le château de Lavardens trouve ses origines au XIIe siècle, avec une première mention en 1140 comme forteresse médiévale contrôlée par les comtes de Fezensac, puis d’Armagnac. Jean Ier d’Armagnac en fait sa résidence au début du XVe siècle, y établissant ses archives et y voyant mourir son épouse Odile de Goth. Après la chute des Armagnac en 1473, le château, disputé par Charles Ier d’Armagnac, est finalement pris par les troupes royales en 1496, puis abandonné jusqu’à sa ruine.
Au XVIIe siècle, Antoine de Roquelaure, proche d’Henri IV, entreprend sa reconstruction à partir de 1620 sur les fondations médiévales, avec les architectes Pierre Souffron et Pierre Levesville. La mort de Roquelaure en 1625 et une épidémie de peste en 1653 interrompent les travaux, laissant le château inachevé. Vendu en 1752 au marquis de Mirabeau, puis en 1765 à la famille de Pins, il est loti en copropriété en 1852 avant de tomber en ruine, son toit s’effondrant en 1923.
Sauvé in extremis de la destruction en 1957 par des opposants locaux dont Vincent Steux, le château est classé monument historique en 1961. Sa restauration, initiée par des bénévoles du Club du Vieux Manoir et soutenue par l’État à partir de 1970, permet aujourd’hui d’y organiser des expositions. L’édifice mêle vestiges médiévaux (salles voûtées, meurtrières) et éléments Renaissance (tourelles, balcons), offrant un panorama sur la vallée.
L’architecture combine un corps rectangulaire principal et des tourelles carrées non défensives, conçues pour l’agrément. Les dix-sept salles des étages arboraient des pavements en brique et pierre calcaire aux motifs variés. Le clocher de l’église actuelle, ancien donjon médiéval, rappelle l’origine militaire du site. La façade ouest, avec ses trompes et encorbellements, illustre une prouesse technique rare pour l’époque.
La restauration a révélé des traces des deux phases majeures du château : la forteresse du XIIIe siècle, avec ses salles voûtées en berceau, et la résidence Renaissance inachevée. Les travaux du XXe siècle, menés par des passionnés, ont permis de stabiliser la structure et de mettre en valeur son histoire contrastée, entre pouvoir seigneurial, déclin et renaissance patrimoniale.