Origine et histoire
Le château de Lavoûte-Polignac, mentionné dès 1059 dans une charte du roi Henri, était un prieuré dépendant de l’abbaye de Tournus. En 1251, l’abbé Renaud le confia à Armand de Polignac, avant qu’il ne revienne à son neveu, le vicomte Armand V, en 1257. Ce château fortifié, doté de quatre tours d’angle et d’une double enceinte, fut renforcé au XIVe siècle sous Randon Armand X, qui y ajoutait un donjon central et des murailles défensives.
Au XVIe siècle, François Armand XVI, surnommé « le grand Justicier », fit construire le corps de logis principal et un pont de pierre sur la Loire, détruit par une crue en 1559. Le domaine fut remanié au XVIIe siècle par Gaspard-Armand XVIII, petit-fils de François Armand, dans un style plus moderne. Après la Révolution, le château, vendu comme bien national en 1793, servit de carrière de pierres avant d’être partiellement restauré au XIXe siècle par Melchior de Polignac, qui sauva l’aile sud, seule subsistante aujourd’hui.
L’architecture du château mêle pierre volcanique grise et ocre locale, typiques de l’Emblavez. Son toit pentu, initialement attribué à une influence bourguignonne via l’évêque Jean de Bourbon, est en réalité conforme aux tendances architecturales françaises de l’époque, avec des tuiles plates et des combles élevés. La façade sud, datée de 1634, arbore les armes des Polignac au-dessus d’une porte en plein cintre, caractéristique de la fin du XVIe siècle. Classé monument historique en 1967, puis en totalité en 2022, le château conserve des vestiges de ses fortifications et de son donjon.
Le château fut le berceau de la famille de Polignac, l’une des plus anciennes de France, dont la généalogie remonte au IXe siècle. Plusieurs de ses membres marquèrent l’histoire, comme la duchesse Gabrielle de Polastron, favorite de Marie-Antoinette, ou le cardinal Melchior de Polignac. Après des siècles de possession, la famille perdit le château lors de la Révolution, avant de le racheter et de le restaurer partiellement, préservant ainsi un patrimoine lié à leur lignée.