Origine et histoire
Le château de Lazenay, situé à Bourges dans le Cher, est un logis médiéval érigé au XIIIe siècle. Il se trouve le long de la rivière Auron, à proximité du lac d’Auron (créé au XXe siècle), et à 3 km de la tour de Philippe Auguste, symbole du pouvoir médiéval de la ville. Ce monument, initialement une maison forte entourée de fossés, est implanté sur un site gallo-romain, comme en témoignent les sépultures découvertes dans les années 1990 et 2000 avant leur recouvrement par des lotissements et un golf.
Le domaine, appelé « domaine d’Azenay », fut acquis en 1265 par Robert de Clamecy, un bourgeois aisé de Bourges, et son fils Guiot de Clamecy. Ce dernier fit construire le logis porche encore visible aujourd’hui, accompagné d’un moulin aujourd’hui disparu. La famille Clamecy conserva le château jusqu’en 1496, date à laquelle il fut vendu à Guillaume Compaing, qui y réalisa des aménagements en 1503 et 1506. Au XVIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains avant d’être cédé en 1574 à Jehan Niquet, abbé de Saint-Gildas de Châteauroux, qui l’offrit aux Jésuites de Bourges comme résidence de campagne.
Selon les descriptions de Buhot de Kersers, le château comprenait un circuit de murailles, plusieurs corps de logis, et une chapelle précédée d’une galerie. L’étage supérieur abritait une chambre ornée de fenêtres géminées aux linteaux sculptés, typiques de l’architecture médiévale. En 1562, Charles IX et Catherine de Médicis y auraient séjourné deux semaines durant le siège de Bourges. Confisqué comme bien national lors de la Révolution française, le château fut acquis par Alphonse Charles Soulard en 1876, qui y adjoignit une maison bourgeoise, reléguant le logis porche au rôle de dépendance agricole.
Le site passa ensuite entre les mains du petit séminaire, puis de la municipalité de Bourges. Le logis médiéval, laissé à l’abandon, fit l’objet d’une étude archéologique en 1994 et fut classé monument historique la même année. Le logis principal, quant à lui, fut transformé en résidence hôtelière en 1996 après une rénovation complète. Le château se distingue par son logis porche, composé d’un porche carré surmonté d’un étage et d’un logis rectangulaire aux fenêtres géminées, bien que certaines parties, comme la voûte en croisée d’ogives, aient disparu.