Frise chronologique
1448
Premier château
Premier château
1448 (≈ 1448)
Construction initiale attestée sur le site.
1570
Terrasse édifiée
Terrasse édifiée
1570 (≈ 1570)
Aménagement majeur du domaine Renaissance.
1697
Pigeonnier daté
Pigeonnier daté
1697 (≈ 1697)
Construction hexagonale en pierre de taille.
1885
Reconstruction Vernery
Reconstruction Vernery
1885 (≈ 1885)
Château moderne intégrant éléments anciens.
20 juin 1944
Classement partiel
Classement partiel
20 juin 1944 (≈ 1944)
Terrasse et pigeonnier inscrits MH.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La terrasse et le pigeonnier : inscription par arrêté du 20 juin 1944
Personnages clés
| Henri de Roscoët - Propriétaire (XVIe siècle) |
Commanditaire présumé des terrasses et escaliers. |
| Narcisse Laudren - Propriétaire (XIXe siècle) |
Initiateur de la reconstruction de 1885. |
| Joseph Vernery - Architecte (1885) |
Auteur des plans du château moderne. |
Origine et histoire
Le château de Lesturgant, situé dans le hameau éponyme à 1,5 km de Malguénac (Morbihan), trouve ses origines en 1448 avec une première construction. Le domaine, propriété des familles Coesmeur (XVe siècle), Botherel, Roscoët (milieu XVIe siècle) puis Boisgelin (XVIIe siècle), voit sa terrasse érigée en 1570 et son pigeonnier daté de 1697. Une chapelle privée et deux moulins complétaient les communs, reflétant l’importance seigneuriale du lieu.
Confisqué lors de la Révolution, le château passe aux mains des familles Le Lubois, Dordelin, puis Laudren à partir de 1844. Ces derniers entreprennent une reconstruction majeure en 1885 sous la direction de l’architecte Joseph Vernery, conservant certains éléments anciens : la tour, le pigeonnier hexagonal en pierre de taille, la terrasse de 60 mètres de balustrade, et un escalier. Le pigeonnier, couvert de dalles de granit et surmonté d’une lanterne polygonale, illustre l’architecture utilitaire et noble de l’époque.
Le château actuel, de style Louis XIII, s’organise autour d’un corps principal flanqué d’un pavillon carré et d’une tour d’escalier polygonale. La terrasse et le pigeonnier, témoins des XVIIe et XVIIIe siècles, sont inscrits aux monuments historiques depuis le 20 juin 1944. Le site mêle ainsi héritage médiéval, transformations Renaissance, et réinterprétations du XIXe siècle, incarnant l’évolution architecturale et sociale de la Bretagne intérieure.
Les jardins en terrasses, desservis par des escaliers monumentaux probablement construits pour Henri de Roscoët, soulignent le caractère ostentatoire du domaine. La chapelle, vraisemblablement édifiée à la fin du XVIIIe siècle, et les modifications de 1775 (dont la tour d’escalier hors-œuvre) achèvent de composer un ensemble hétéroclite, marqué par les goûts successifs de ses propriétaires. Aujourd’hui, le château reste un témoignage des dynamiques seigneuriales et des recompositions architecturales en Bretagne.