Origine et histoire du Château de Levesville
Le château de Levesville, situé sur le plateau dominant Chartres, trouve ses origines à la fin du XIe siècle avec la famille des seigneurs de Levéville, vassaux des évêques de Chartres. Ces chevaliers, mentionnés dans les cartulaires locaux comme ceux de Saint-Père-en-Vallée, jouèrent un rôle actif dans la défense des premiers comtes de Chartres pendant plus de deux siècles. Leurs armes, conservées dans des sceaux de la collection Gaignières, attestent de leur influence régionale.
Entre 1479 et 1506, Michel Le Vacher dit de Levéville construit un nouveau château ceint de douves, doté d’un corps principal, d’un pont-levis et d’un châtelet d’entrée. L’enceinte, flanquée de quatre tours percées de bouches à feu, reflète les besoins défensifs de l’époque (mousquets, couleuvrines). Une seconde enceinte, également protégée par des fossés et des tourelles, renforce la fortification. Ce château médiéval sera partiellement démantelé au XVIIe siècle.
En 1610, François III Briçonnet, conseiller du Roi et maître à la Chambre des Comptes, acquiert le domaine et entreprend une reconstruction dans le style Louis XIII. La façade en briques bicolores, les lucarnes et un campanile sur le toit transforment l’aspect du château. Deux des quatre tours médiévales sont démolies et remplacées par des pavillons à tourelles, tandis qu’une chapelle dédiée à Marie-Magdeleine est édifiée à proximité, l’église paroissiale étant trop éloignée. En 1656, la terre de Levéville est érigée en châtellenie par lettres patentes royales.
Le château connaît des aménagements majeurs entre 1860 et 1880 sous les frères Barthélémy, proches d’Alexandre Dumas, qui modernisent les intérieurs (marbre, parquets) et simplifient la toiture. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est occupé par les Allemands puis les Américains, avant d’abriter un centre pour délinquants de 1946 à 1956. En 1976, ses façades et toitures sont inscrites aux Monuments Historiques.
Un épisode marquant de son histoire survient en 1562, lorsque Louis de Bourbon, prince de Condé, y est emprisonné par le duc de Guise après la bataille de Dreux. Catherine de Médicis et les membres du gouvernement royal s’y rendent pour négocier la paix avec le chef huguenot, illustrant son rôle stratégique pendant les guerres de Religion.
Le parc, réduit depuis 1971 par la création d’un lotissement, conserve des vestiges anciens réaménagés en jardins topiaires et une pièce d’eau. Les ifs, charmes et allées structurent aujourd’hui un espace paysager redessiné, tandis que les douves et les tours rappellent son passé défensif.