Frise chronologique
XIIIe siècle (début)
Construction du donjon initial
Construction du donjon initial
XIIIe siècle (début) (≈ 1315)
Usurpation présumée de terres abbatiales
XVIe siècle
Transformation en place-forte Renaissance
Transformation en place-forte Renaissance
XVIe siècle (≈ 1650)
Intervention de Daniel Specklin pour les Hanau-Lichtenberg
1678
Siège français par le maréchal de Créquy
Siège français par le maréchal de Créquy
1678 (≈ 1678)
Capitulation après huit jours de résistance
9 août 1870
Destruction par l’artillerie wurtembergeoise
Destruction par l’artillerie wurtembergeoise
9 août 1870 (≈ 1870)
Incendie réduisant le château en ruines
1913
Naissance du Théâtre de Lichtenberg
Naissance du Théâtre de Lichtenberg
1913 (≈ 1913)
Premières représentations en plein air
1993-2015
Projet de restauration et CIAP
Projet de restauration et CIAP
1993-2015 (≈ 2004)
Création par Andrea Bruno et Jean-Pierre Laubal
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Forteresse : classement par arrêté du 1er mai 1878
Personnages clés
| Conrad de Lichtenberg - Fondateur présumé |
Famille à l’origine du donjon initial |
| Comtes de Hanau-Lichtenberg - Propriétaires et mécènes |
Transformèrent le château en place-forte Renaissance |
| Daniel Specklin - Architecte strasbourgeois |
Conçut les fortifications au XVIe siècle |
| Maréchal de Créquy - Commandant des troupes françaises |
Dirigea le siège de 1678 |
| Andrea Bruno - Architecte restaurateur |
Pilota la réhabilitation contemporaine (1993-2015) |
| Yan Kersalé - Artiste plasticien |
Auteur de l’installation lumineuse *Mémoire de jour* |
Origine et histoire
Le château de Lichtenberg, édifié dès le XIIIe siècle sur une colline des Vosges du Nord, fut initialement construit par la famille Lichtenberg sur des terres probablement usurpées à l’abbaye de Neuwiller-les-Saverne. Ce donjon imposant devint au XVIe siècle une place-forte majeure sous les comtes de Hanau-Lichtenberg, qui y intégrèrent des éléments Renaissance (oculus italiens, pilastres cannelés) tout en renforçant ses défenses avec l’aide d’architectes comme Daniel Specklin, de Strasbourg. Le site, stratégique, résista à plusieurs sièges, dont celui de 1678 par les troupes françaises du maréchal de Créquy, avant d’être finalement intégré au système défensif royal.
En 1870, le château fut sévèrement endommagé par un incendie après un siège wurtembergeois lors de la guerre franco-prussienne, le réduisant à l’état de ruine. Au XXe siècle, son état se dégrada jusqu’à ce qu’un projet ambitieux de restauration, lancé en 1993, transforme les vestiges en un pôle culturel majeur. L’architecte italien Andrea Bruno, associé à Jean-Pierre Laubal, conçut un ensemble moderne (Arsenal, Pavillon des Dames, Caserne) tout en préservant l’authenticité des ruines. Ce projet, mené en quatre phases jusqu’en 2015, intégra des espaces d’exposition, un théâtre de plein air et des installations lumineuses, valant au site le label Architecture contemporaine remarquable.
Le château abrite aujourd’hui un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP), proposant visites guidées, animations médiévales et événements culturels saisonniers (Pâques, Halloween). Géré par la Communauté de communes de Hanau-la-Petite-Pierre, il illustre une approche innovante de conservation, alliant respect des vestiges historiques et réutilisation adaptée. La restauration inclut des techniques pointues (consolidation des murs en grès, mortiers traditionnels) et une mise en lumière artistique signée Yan Kersalé, reproduisant chaque soir l’ensoleillement diurne sur les murailles.
Classé monument historique dès 1878, le château de Lichtenberg témoigne de sept siècles d’histoire militaire et architecturale, des conflits féodaux aux guerres modernes. Son environnement paysager exceptionnel, au cœur du Parc naturel régional des Vosges-du-Nord, en fait un site touristique phare du Grand Est, à moins d’une heure de Strasbourg. Les réflexions menées lors de sa restauration (notamment lors des Entretiens du Patrimoine de 1990) ont influencé les doctrines nationales sur la préservation des ruines, prônant transparence, intégration paysagère et réutilisation maîtrisée.
L’origine du château remonte à Conrad de Lichtenberg, fondateur présumé, tandis que son apogée artistique et défensif fut atteint sous les Hanau-Lichtenberg. Les dommages subis en 1870 marquèrent un tournant, conduisant à son abandon avant sa renaissance culturelle contemporaine. Le site, propriété de la commune, est désormais un exemple emblématique de valorisation patrimoniale, combinant mémoire historique et dynamisme culturel.