Origine et histoire du Château de Lichtenberg
Le château de Lichtenberg est une forteresse située sur la commune de Lichtenberg, dans le Parc naturel régional des Vosges du Nord, à moins d'une heure de Strasbourg ; il est classé au titre des monuments historiques depuis mai 1878. Fondé par Conrad de Lichtenberg, il appartient à la commune et est géré par la Communauté de communes de Hanau-la-Petite-Pierre. Le site est ouvert au public et propose des visites libres et guidées ainsi que des animations saisonnières, notamment à Pâques, lors d’une fête médiévale, pour une soirée étoilée ou à l’occasion d’Halloween. Son histoire, longue de plusieurs siècles, le distingue parmi les châteaux des Vosges du Nord par l’importance de ses vestiges et par la qualité de son environnement paysager. Dès le début du XIIIe siècle un donjon domine la région ; la parcelle sur laquelle s’élève le château semble avoir été détournée de l’abbaye de Neuwiller-les-Saverne au profit de la famille Lichtenberg. Vers la fin du XVIe siècle, les comtes de Hanau-Lichtenberg transforment l’édifice en une puissante place forte en faisant appel à des architectes de renom, parmi lesquels Daniel Specklin. Ils introduisent des décors de la Renaissance — oculi à l’italienne, pilastres cannelés, frontons, volutes et cariatides — qui ornent les façades de grès rose. En octobre 1678 le château est assiégé par les troupes françaises du maréchal de Créquy ; après un siège il capitule et devient une place royale intégrée dans la ligne de défense de la frontière nord-est. Lors de la guerre de 1870 la forteresse subit un nouvel assaut : au soir du 9 août 1870 elle tombe sous le feu de l’artillerie wurtembergeoise et un gigantesque incendie la réduit à l’état de ruine. Dès 1913, une troupe de comédiens amateurs organise des spectacles de plein air et donne naissance au Théâtre de Lichtenberg. À partir de 1993 un vaste projet de restauration et de mise en valeur culturelle est engagé afin de consolider les vestiges et d’aménager des espaces d’accueil et de diffusion. Les architectes Andrea Bruno et Jean-Pierre Laubal conduisent ce programme en plusieurs phases entre 1992 et 2015, comprenant la construction de l’Arsenal, du Pavillon des Dames, de la Caserne et l’aménagement paysager ainsi que la rénovation de la voirie. Le Pavillon des Dames accueille des salles d’exposition, des espaces de documentation et un atelier pédagogique ; l’Arsenal comprend une salle polyvalente, un auditorium et un théâtre de plein air, tandis que la Caserne regroupe la scène, des gradins, des loges et des locaux administratifs. L’accueil est installé dans l’ancien corps de garde ; les constructions contemporaines ont été limitées en hauteur pour préserver la perception du château depuis le village. Les travaux de consolidation portent sur la restauration des murs en pierre, la stabilisation des arêtes et parois, le nettoyage et le rejointoiement avec un mortier proche de l’original, ainsi que la protection des sommets par des cappings. Le projet intègre une création lumineuse de Yan Kersalé, « Mémoire de jour », qui illumine la muraille extérieure chaque soir pendant cinq minutes en restituant symboliquement l’ensoleillement de la journée. En 2015 l’ensemble reçoit le label « Patrimoines du XXe siècle », devenu par la suite le label « Architecture contemporaine remarquable » au sein de la région Grand Est. La voie piétonne reliant le village au château a été rénovée en 2014. L’étude préalable à la restauration a également alimenté une réflexion sur la conservation des ruines : elle a conduit à préconiser le respect des ruines les plus prestigieuses, l’intégration du paysage dans leur traitement, l’acceptation de réutilisations organisées lorsque nécessaire, et une meilleure information du public sur les projets de restauration.