Frise chronologique
XIe siècle
Fondation par Guillaume le Conquérant
Fondation par Guillaume le Conquérant
XIe siècle (≈ 1150)
Construction du premier château et conciles.
XIIe siècle
Ajout de la grande salle romane
Ajout de la grande salle romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Attribuée à Henri Ier Beauclerc.
Début XIIIe siècle
Donjon cylindrique par Philippe Auguste
Donjon cylindrique par Philippe Auguste
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Renforcement après rattachement royal.
XVe siècle
Plate-forme d’artillerie par les d’Harcourt
Plate-forme d’artillerie par les d’Harcourt
XVe siècle (≈ 1550)
Modifications post-guerre de Cent Ans.
1760
Vente du plomb du donjon
Vente du plomb du donjon
1760 (≈ 1760)
Effondrement de la voûte terminale.
1862 et 1990
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques
1862 et 1990 (≈ 1990)
Protection du donjon et vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon : classement par liste de 1862 ; Sol des parcelles avec les vestiges archéologiques qu'elles contiennent ; totalité de la tour dite du Chartrier, de la tour octogonale et de l'enceinte (cad. AL 484, 697, 889, 926, 927) : classement par arrêté du 7 mai 1990
Personnages clés
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie |
Fonda le château, y organisa conciles. |
| Henri Ier Beauclerc - Roi d’Angleterre et duc de Normandie |
Ajouta la grande salle romane. |
| Philippe Auguste - Roi de France |
Fit construire le donjon cylindrique. |
| Jean II d’Harcourt - Seigneur local |
Attribuée tour octogonale fin XIIIe. |
Origine et histoire
Le château de Lillebonne, situé dans le département de la Seine-Maritime en Normandie, est un ancien château fort dont les origines remontent au XIe siècle. Il fut reconstruit au XIIe siècle et profondément remanié aux XIIIe, XIVe et XVe siècles. À l’origine, le site abritait la cité gallo-romaine de Juliobona, avant de devenir un lieu privilégié des ducs de Normandie, notamment Guillaume le Conquérant, qui y organisa des conciles, dont celui préparant la conquête de l’Angleterre. Le premier château fut édifié par Guillaume, tandis qu’Henri Ier Beauclerc y ajouta une grande salle romane, comparable à celle du château de Caen.
Au début du XIIIe siècle, après son rattachement au domaine royal sous Philippe Auguste, le château fut renforcé par un imposant donjon cylindrique entouré d’un fossé et d’une chemise. La forteresse passa ensuite aux mains de la famille d’Harcourt, qui y apporta des modifications, notamment une plate-forme d’artillerie au XVe siècle après la guerre de Cent Ans. Le déclin commença au XVIIIe siècle : le plomb de la terrasse du donjon fut vendu en 1760, provoquant l’effondrement de sa voûte, et les pierres furent réutilisées comme carrière. Seuls subsistent aujourd’hui le donjon, une tour octogonale du XIIIe siècle, et des vestiges de l’enceinte.
Parmi les éléments remarquables, le donjon, classé dès 1862, se distingue par ses trois niveaux voûtés d’ogives, accessibles autrefois par des ponts-levis. La tour octogonale, attribuée à Jean II d’Harcourt, et la tour du Chartrier, transformée au XIXe siècle, complètent les ruines. Le logis roman, datant probablement d’Henri II, fut détruit en 1832, remplacé par une maison de maître construite vers 1870 dans l’enceinte. Ces vestiges, partiellement classés en 1990, rappellent l’importance stratégique et symbolique du site, marqué par les ducs de Normandie, les rois de France et les seigneurs locaux.
Le château illustre les évolutions architecturales médiévales, depuis la motte castrale primitive jusqu’aux adaptations défensives tardives. Son abandon progressif et les destructions des XVIIIe et XIXe siècles contrastent avec son rôle central durant le Moyen Âge, où il servit de résidence ducale, de forteresse royale et de symbole de pouvoir. Les fouilles et protections récentes soulignent son intérêt archéologique et historique, malgré les transformations subies au fil des siècles.