Origine et histoire du Château de Loisy
Le château de Loisy, situé sur la commune de Loisy en Saône-et-Loire, occupe une éminence dominant la vallée de la Seille. Son origine remonte à une motte castrale attestée dès l’an Mil, avec une première forteresse construite vers 1150 par Hugues de Brancion. L’ensemble s’organise autour de deux enceintes successives, dont subsistent des tours rondes à archères datées du XIIIe au XVIe siècle. Le site, stratégiquement placé, fut détruit et reconstruit à plusieurs reprises, notamment après les guerres de Religion (1565) qui ravagèrent l’édifice médiéval.
La reconstruction majeure intervint au XVIIe siècle, avec un corps de logis rectangulaire flanqué de tours carrées et couvert d’un toit à croupes, typique de l’architecture classique bourguignonne. En 1633, Antoine Bretagne, conseiller au Parlement de Dijon, acquiert le domaine et lance des travaux. Au XVIIIe siècle, Claude de La Michodière puis Jean-François-Gabriel-Bénigne Chartraire de Bourbonne, gendre du président Bouhier, achèvent les transformations, intégrant des éléments Rocaille comme l’escalier en fer à cheval et la grille en fer forgé. Les armoiries des Chartraire et des Bouhier, sculptées sur le fronton, témoignent de cette période.
Le château conserve des traces de ses phases successives : les deux tours rondes du XIIIe siècle, les fossés délimitant l’assiette castrale, et un décor peint du XVIIe siècle dans l’une des tours. Propriété de la famille de La Chapelle depuis le XIXe siècle, il reste une résidence privée, classée Monument Historique en 2007. Son organisation spatiale — basse-cour, terrasse, jardin à l’anglaise — reflète l’évolution des usages, passant de la forteresse médiévale à la demeure seigneuriale d’Ancien Régime.
Les archives mentionnent une occupation continue depuis le Moyen Âge, avec des familles nobles se succédant : les Loisy (XIIIe–XIVe siècles), les Massol (XVIe siècle), les Bretagne (XVIIe), puis les Bouchu et les Chartraire (XVIIIe). La seigneurie de Loisy, liée à l’abbaye de Tournus puis au Parlement de Dijon, illustre les réseaux de pouvoir en Bourgogne. Les destructions (1565) et reconstructions (1633, 1748) marquent les bouleversements politiques et religieux de la région.
Aujourd’hui, le château se distingue par son ensemble castral préservé : portail en plein cintre, fossés, tours d’angle, et un intérieur partiellement réaménagé au XIXe siècle. Bien que non ouvert au public, il constitue un exemple remarquable d’adaptation architecturale, mêlant défenses médiévales et élégance classique. Son inscription aux Monuments Historiques protège l’ensemble des modifications postérieures, à l’exception des communs transformés.