Origine et histoire
Le château de Londigny, dit aussi château du Peu, est implanté sur la commune de Londigny, dans le département de la Charente, en Nouvelle-Aquitaine. Initialement une gentilhommière du XVe siècle appartenant à Jean Jousserand, écuyer et seigneur de Lairé en Poitou, le domaine devient au fil des siècles un fief majeur dépendant de la châtellenie de Ruffec. Son emplacement stratégique, sur une colline surplombant la vallée de la Péruse à 1 km au sud du bourg, en fait un site remarquable du nord de la Charente.
Au XVIIe siècle, le château passe aux mains de la famille Prévost de Touchimbert, notamment Casimir Prévost, chevalier et seigneur de Londigny, puis à ses descendants. En 1786, Auguste François Prévost Sansac, marquis de Touchimbert, y décède, laissant le domaine à sa veuve, Charlotte de Chapt de Rastignac. La propriété reste dans cette lignée jusqu’au XIXe siècle, où des travaux majeurs transforment radicalement son apparence.
Entre 1870 et 1906, le marquis de Lameth, époux d’une descendante des Prévost de Touchimbert, finance d’ambitieux agrandissements grâce à la vente d’une distillerie de rhum en Martinique. Léopold Auguste Prévost Sansac, dernier marquis de Touchimbert, et son gendre Joseph de Lameth (futur marquis de Bussy) donnent au château son aspect actuel, mêlant néogothique, baroque et Renaissance, inspiré par Viollet-le-Duc. Une chapelle, une tour médiévale conservée, et un parc paysager de 15 hectares, orné de sculptures et d’un monument dédié à Jeanne d’Arc, complètent l’ensemble.
Le château change de mains en 2011, géré jusqu’en 2024 par la société Château des Chevaliers de Londigny, avant d’être acquis par un couple d’Australiens. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses canons d’apparat, visibles depuis les créneaux, attirent l’attention des soldats allemands, craignant des pièces d’artillerie fonctionnelles. Aujourd’hui, le site témoigne de cette histoire éclectique, entre héritage médiéval et transformations du XIXe siècle.
L’architecture du château se distingue par son corps de logis à toit en tiers-point, flanqué de tours rondes et carrées, et une façade nord-est dominant la vallée. À l’intérieur du parc, une statue équestre de Casimir Prévost de Touchimbert (1912) et des sculptures en béton rappellent le faste des anciens propriétaires. Le monument à Jeanne d’Arc, érigé en mémoire des deux filles du marquis de Lameth, ajoute une dimension symbolique à ce patrimoine charentais.