Frise chronologique
1721–1740
Construction du château
Construction du château
1721–1740 (≈ 1731)
Œuvre de Guy-Nicolas de Durfort, duc de Lorges.
XVIIIe siècle
Héritage par Choiseul-Praslin
Héritage par Choiseul-Praslin
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Création des forges du Pas.
26 juin 1963
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
26 juin 1963 (≈ 1963)
Inscription officielle du domaine.
1978
Fermeture des forges
Fermeture des forges
1978 (≈ 1978)
Fin de l’activité industrielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble du château ; à l'Ouest, terrasse et pièce d'eau avec ses berges ; à l'Est, parterre dit Esplanade et pavillons d'entrée de part et d'autre de la route ; au Nord, basse-cour et façades et toitures des bâtiments qui l'entourent sur ses quatre côtés (cad. B 511 à 514, 525, 559, 561) : inscription par arrêté du 26 juin 1963
Personnages clés
| Guy-Nicolas de Durfort, duc de Lorges - Commanditaire du château |
Grand seigneur du XVIIIe siècle. |
| Famille Choiseul-Praslin - Propriétaires et industriels |
Exploitants des forges du Pas. |
| Madame Le Frottier de Kérilis - Victime royaliste |
Tuée lors d’un affrontement chouan. |
Origine et histoire
Le château de Lorges, situé dans les Côtes-d'Armor, fut construit entre 1721 et 1740 par Guy-Nicolas de Durfort, duc de Lorges, un aristocrate au train de vie fastueux. Ce monument imposant, caractérisé par ses toitures à la Mansart et ses façades de granite sobrement bretonnes, s’étend sur un domaine vaste incluant des terrasses, des miroirs d’eau, et des écuries conçues pour 200 chevaux. La propriété passe ensuite à la famille Choiseul-Praslin, qui exploite le minerai de fer local pour créer les forges du Pas, assurant une activité industrielle jusqu’au XXe siècle.
Pendant la Révolution française, le château devient le théâtre d’un drame chouan : Madame Le Frottier de Kérilis, royaliste condamnée à mort, y trouve refuge avec ses fils après une évasion audacieuse. Traqués par les Bleus, elle et l’un de ses enfants y sont tués, laissant une légende de violence (on évoque un perron sanglant et vingt morts). Le site, inhabité depuis deux décennies, porte encore la trace de cet épisode tragique.
Au XIXe siècle, l’usine à fer du domaine, modernisée par le chemin de fer après 1880, survit comme fonderie jusqu’à sa fermeture brutale en 1978, victime de techniques obsolètes et de son isolement. Classé Monument Historique en 1963, le château conserve aujourd’hui son ensemble architectural (bâtiment central, pavillons, communs, potager) et ses paysages aménagés, témoins de son passé seigneurial et industriel.
L’inscription aux Monuments Historiques (26 juin 1963) protège non seulement le château, mais aussi ses abords : terrasses, pièces d’eau, esplanade, et basse-cour. Les éléments protégés reflètent la volonté du duc de Lorges de créer un domaine autarcique, où se mêlent prestige architectural et ambition économique, entre exploitation minière et agriculture (grand potager, écuries monumentales).