Origine et histoire du Château de Loyes
Le château de Loyes, situé à Villieu-Loyes-Mollon dans l’Ain, trouve ses origines sur une motte castrale du XIe siècle, remplacée plus tard par une maison forte. Au XVIIIe siècle, Gabriel Dervieu de Villieu, baron de Loyes, érige un nouveau château en réemployant les anciennes fortifications du bourg. Ce bâtiment, de style classique, est marqué par des tours latérales et un corps central, mais subit un incendie en 1795 qui modifie son apparence : les toitures pointues sont remplacées par un toit aplati, et les tours sont raccourcies.
Au XIXe siècle, la famille Baboin, des soyeux lyonnais, acquiert le château en 1850 et entreprend d’importants travaux. Les communs sont reconstruits, une aile est ajoutée à l’est par l’architecte Charles Roux-Meulien, et une enceinte néogothique imposante est érigée, incluant des tours crénelées, une voûte gothique et une statue de Jeanne d’Arc. Le parc, partiellement inspiré des dessins d’André Le Nôtre, est réaménagé avec des allées à la française, un bassin et des essences variées (tilleuls, marronniers, cèdres).
Le site conserve des vestiges médiévaux, comme la motte féodale (ou « poype »), ainsi que des éléments des anciennes fortifications réutilisés dans la façade sud du château. Classé partiellement aux monuments historiques en 2008, le domaine inclut également une chapelle extérieure, un potager historique et un pont belvédère. Le château illustre ainsi une superposition de styles architecturaux, du Moyen Âge au XIXe siècle, reflétant son évolution à travers les siècles.
Parmi les personnalités liées au château, André Le Nôtre et son successeur Claude Desgot sont associés à la conception des jardins, bien que cette attribution repose partiellement sur une tradition orale du XIXe siècle. Henri Baboin, député et maire de Loyes, marque le domaine par ses aménagements néogothiques, tandis que Paul Jean Pierre Sauzet, homme politique et beau-frère d’Aimé Baboin, y séjourne régulièrement.