Origine et histoire du Château de Lumes
Le château de Lumes, situé à Lumes dans les Ardennes, surplombe la Meuse à un emplacement stratégique, à la frontière du royaume de France au sud de Mézières. Construit probablement avant le XVe siècle, ses premières mentions documentées datent du XVIe siècle, lorsque François d’Aspremont, seigneur de Buzancy, le fortifie vers 1520 pour contrôler les accès à Mézières. Ses fortifications, incluant des canonnières et un fossé, reflètent une conception militaire adaptée aux armes à feu de l’époque.
En 1520, François d’Aspremont, après avoir renforcé le château, s’affranchit de l’autorité des comtes de Rethel et du roi François Ier, se comportant en tyran. En 1534, ce dernier assiège Lumes et soumet d’Aspremont, épargné grâce à l’intervention de Robert III de La Marck. Le château devient ensuite un repaire de brigands, pillant la Champagne et les régions voisines sous la suzeraineté de Charles Quint, en conflit avec Henri II.
En 1552, François de Clèves, duc de Nevers, attaque le château occupé par les troupes de Charles Quint. François d’Aspremont y est mortellement blessé, et la forteresse, jugée mal conçue (notamment par François de Rabutin en 1555 pour ses failles défensives), est en grande partie détruite. Les vestiges, dont deux tours cylindriques, servent encore de points d’observation jusqu’au XVIIIe siècle. Fouillé depuis les années 1990, le site est inscrit aux monuments historiques en 1994.
Aujourd’hui, il ne subsiste que des ruines, partiellement consolidées depuis 2013. Le château illustre les tensions frontalières de la Renaissance entre royaumes de France et Empire, ainsi que l’évolution des techniques de siège. Son architecture, avec galerie casematée et canonnières, marque la transition entre château médiéval et forteresse adaptée à l’artillerie.
Les fouilles archéologiques ont révélé une galerie souterraine équipée pour l’artillerie légère, avec des évents pour évacuer les fumées. Le rempart, large de 3 mètres sous un remblai, et les tours de 15 mètres de diamètre témoignent de son importance stratégique. Le fossé de 4,50 mètres, creusé à 20 mètres des murs, complétait ce dispositif défensif, typique des fortifications de l’époque.