Origine et histoire du Château de Lupé
Le château de Lupé, situé dans l’est du département de la Loire, est un château fort édifié sur un socle rocheux dominant les gorges de Malleval. Son origine remonte à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle avec la construction d’une maison-tour carrée, entourée d’une enceinte formant basse-cour. Au XVe siècle, il prend son aspect actuel en s’étendant autour d’une cour intérieure, intégrant l’ancien donjon dans l’angle nord-ouest. Un chemin de ronde à mâchicoulis et un donjon circulaire symbolique, coiffé d’une toiture en poivrière, complètent alors son système défensif. L’accès, protégé par un pont-levis et une bretèche, se faisait par une unique porte au sud.
À la Renaissance, les seigneurs de Lupé transforment la cour intérieure en y ajoutant des fenêtres à meneaux et chapiteaux corinthiens, reflétant les goûts de l’époque. Un incendie au XVIIe siècle détruit partiellement le chemin de ronde et arase le donjon circulaire, dont les fenêtres de l’étage disparu restent visibles. Le château, initialement propriété de la famille Falatier (anciennement Falasterius) pendant plus de cinq siècles, passe en 1598 aux Rostaing de la Baume, comtes de Suze. Ruinés au XVIIIe siècle, ces derniers le vendent en 1734, mettant fin à son association avec les grands seigneurs locaux.
Le château de Lupé illustre l’évolution architecturale des forteresses médiévales vers des résidences plus confortables, mêlant éléments défensifs (mâchicoulis, pont-levis) et raffinements Renaissance (fenêtres ouvragées, cour dallée). Classé monument historique en 1981, il conserve des éléments protégés comme sa cour intérieure, son escalier à vis, et des plafonds à la française ou à caissons. Son emplacement stratégique, contrôlant l’accès au plateau du Pilat, souligne son rôle historique dans la défense et la surveillance de la vallée du Rhône.
La première mention écrite d’un seigneur de Lupé remonte à 1066 avec Guigo Falasterius, cité dans le cartulaire de Saint-Sauveur-en-Rue. La famille Falatier, issue de cette lignée, conserve le château jusqu’au XVIe siècle, le transmettant systématiquement par alliance féminine. Après 1734, le domaine change cinq fois de mains, marquant la fin de son ancrage dans l’aristocratie locale. Aujourd’hui, son architecture en forme de « D » irrégulier, épousant le rocher, témoigne de ses adaptations successives aux besoins militaires, résidentiels et esthétiques.
Les éléments protégés par l’inscription de 1981 incluent les façades, toitures, le portail d’entrée, la cour intérieure avec son sol dallé, et plusieurs salles remarquables. Parmi celles-ci, une pièce du rez-de-chaussée conserve une peinture murale du XVIe siècle représentant le château, tandis qu’une chambre à alcôve au premier étage et des salles aux plafonds ouvragés aux étages supérieurs illustrent son évolution vers une demeure de plaisance. Le site, ouvert à la visite, offre un exemple représentatif des châteaux rhônalpins, entre héritage médiéval et influences Renaissance.