Origine et histoire du Château de Lupfen-Schwendi
Le château de Lupfen-Schwendi trouve ses origines à la fin du XIIIe siècle, lorsque les Habsbourg créent la seigneurie de Hohlandsberg et installent leur bailli à Kientzheim. La ville devient alors un centre administratif, et une maison, située à l’emplacement actuel du château, sert de résidence au bailli. En 1363, la seigneurie est engagée aux Ribeaupierre, puis passe aux mains de la famille Lupfen en 1400, qui agrandit et réaménage le site. Un événement marquant survient en 1473, lorsque Jean de Lupfen y accueille Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, après que ce dernier s’est vu refuser l’entrée à Colmar.
À la mort de Joachim de Lupfen en 1562, la seigneurie et le château sont vendus à Lazare de Schwendi, qui entreprend une reconstruction complète entre 1564 et 1566. Seule la cave médiévale est conservée, tandis qu’une demeure Renaissance, accompagnée de jardins, voit le jour. En 1609, le château échoit à Hélène Éléonore de Schwendi, mais son mariage avec Jacques de Fürstenberg-Donaueschingen déclenche un long procès familial. Pendant la guerre de Trente Ans, en 1636, le château est saccagé par les Colmariens après la fuite de sa propriétaire, alors remariée à Nicolas de Leyen.
Les litiges se poursuivent tout au long du XVIIe siècle : en 1646, un tribunal autrichien restitue le château aux Schwendi, mais les Leyen, soutenus par la France, obtiennent gain de cause en 1657. En 1681, Louis XIV dépossède les Schwendi au profit de Joseph de Montclar, qui agrandit le parc en jardin à la française. Après plusieurs changements de mains et procès, le château passe aux Reich de Pfalz au XVIIIe siècle. Ceux-ci le transforment en lieu de cure et y ajoutent un amphithéâtre dans le parc.
La Révolution française marque un tournant : les Reich de Pfalz émigrent en 1791, et le château, confisqué, devient une prison avant d’être vendu comme bien national. Au XIXe siècle, il change plusieurs fois de propriétaires, dont les familles Golbéry et Castex, qui entreprennent des restaurations. Endommagé pendant les deux guerres mondiales, il est réparé après 1945. En 1972, la confrérie viticole Saint-Étienne en fait l’acquisition, y installant un musée du vin en 1980 et une œnothèque dans les années 1980. Classé monument historique en 1994, il reste un lieu emblématique du patrimoine alsacien.