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Château de Lussac en Charente-Maritime

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Lussac

    Château de Lussac
    17500 Lussac
Propriété privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1530
Changement de seigneurie
1729
Début des reconstructions
1766
Mort de la marquise des Dunes
30 juin 1782
Vente à Charles Lys
2 août 1784
Agrandissement du domaine
21 décembre 1999
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les diverses parties constituant le domaine, à savoir : le logis, les autres bâtiments, les terrasses et escaliers et l'ensemble des parcelles A 281 à 295, 337, 338, 340, ainsi que la passerelle métallique, le pont en pierre enjambant la rivière Seugne et le vivier en pierre sis dans le lit de la même rivière (cad. non cadastrés) : inscription par arrêté du 21 décembre 1999

Personnages clés

Françoise-Marguerite Arnould de Vignolle - Propriétaire et mécène Reconstruit le logis en 1729.
Marquise des Dunes - Restauratrice du château Embellit le domaine jusqu’en 1766.
François de Poute - Légataire et vendeur Vend le château en 1782.
Charles Lys - Armateur et acquéreur Acheteur en 1782, enrichi par Saint-Domingue.
Daniel Lys - Co-acquéreur du domaine Agrandit les terres en 1784.
Comte de Choulot - Paysagiste Dessine le parc au XIXe siècle.

Origine et histoire

Le château de Lussac, situé près de Jonzac en Charente-Maritime, trouve ses origines dans une seigneurie attestée dès le XVIe siècle. En 1530, elle passe de Jean Vidault à François Lefourestier, époux de Catherine Vidault. Au début du XVIIIe siècle, le domaine est en ruine, à l’exception d’un pavillon et d’une tour. En 1729, Françoise-Marguerite Arnould de Vignolle entreprend la reconstruction d’un corps de logis bas, s’appuyant sur les vestiges existants, et ajoute un pavillon symétrique. Ces travaux marquent le début d’une transformation majeure du site, mêlant élégance classique et fonctionnalité rurale.

La marquise des Dunes, figure clé de l’histoire du château, en assure la restauration et l’embellissement jusqu’à sa mort en 1766. Elle lègue la propriété à son cousin François de Poute, qui le vend en 1782 à Charles Lys pour 164 000 livres. Ce dernier, armateur bordelais enrichi par le commerce colonial (notamment à Saint-Domingue), agrandit le domaine en 1784 en acquérant des terres adjacentes. Les Lys, descendants de Jean Lys-Dallay, laissent leur empreinte avec des aménagements comme la passerelle métallique au XIXe siècle, reflétant leur prospérité liée au commerce maritime.

Le château, inscrit monument historique en 1999, illustre l’art de vivre du XVIIIe siècle à travers ses décors intérieurs (boiseries, cheminées sculptées) et ses aménagements extérieurs. Le parc, dessiné par le comte de Choulot, comprend des terrasses avec escaliers à balustres (datés de 1767), une orangerie à l’italienne, un lavoir, une glacière et un chenil du XIXe siècle. Les communs, les jardins à la française et les dépendances (écuries, granges) témoignent d’une organisation domestique et agricole sophistiquée. La passerelle métallique, le pont de pierre sur la Seugne et un vivier en pierre, tous protégés, soulignent l’importance stratégique et esthétique du site.

Le domaine conserve des traces des activités des Lys, comme des treilles centenaires (dont un muscat de 150 ans) et une « pêcherie », réserve à poissons ancienne. La propriété, ouverte au public lors d’événements, incarne le mélange entre héritage aristocratique, innovations du XIXe siècle et patrimoine rural. Les allées cavalières, la grande perspective et les éléments hydrauliques (vivier, pont) rappellent son rôle central dans le paysage local, entre exploitation agricole et résidence de prestige.

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