Origine et histoire du Château de Madaillan
Le château de Madaillan, situé dans le département de Lot-et-Garonne en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice médiéval construit entre la fin du XIIIe et le XIVe siècle par la famille du Fossat, une lignée noble influente de l’Agenais. Il domine les vallées des ruisseaux de Bourbon et de Saysset, séparé du plateau par un large fossé. Son architecture initiale, datée d’environ 1285-1289, comprenait une tour fortifiée en éperon et une salle basse voûtée, avant d’être agrandi au XIVe siècle avec un corps de logis et une enceinte crénelée.
La construction du château est attribuée à Amanieu II du Fossat (vers 1245-1307), qui usurpa des terres et des paroisses voisines, déclenchant des conflits avec la ville d’Agen et les rois de France et d’Angleterre. Son successeur, Amanieu III du Fossat (vers 1271-1351), sénéchal d’Agenais et maire de Bordeaux, renforça les défenses du château après sa restitution en 1342. Le monument fut un enjeu stratégique pendant la guerre de Cent Ans, subi des sièges (notamment en 1338 et 1354) et changea plusieurs fois de mains entre les couronnes française et anglaise.
Au XIVe siècle, le château passa aux mains des Montpezat par mariage, puis fut impliqué dans les guerres de Religion. En 1575, il résista à un siège mené par le maréchal Blaise de Monluc, servant de camp retranché aux protestants. Après des destructions partielles, il fut restauré aux XIXe et XXe siècles. Classé monument historique en 1950, il est aujourd’hui ouvert à la visite après une restauration menée par ses propriétaires privés depuis 1990.
L’histoire du château est marquée par des conflits juridiques récurrents avec la ville d’Agen, notamment autour des paroisses usurpées (Fraysses, Cardounet, Saint-Denis). Les du Fossat, puis les Montpezat, y exercèrent une autorité seigneuriale contestée, tandis que son architecture évolua pour répondre aux besoins défensifs, avec une Grosse Tour ajoutée au XIVe siècle. Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux de Georges Tholin, confirment son rôle central dans les luttes féodales et religieuses de la région.
Après la Révolution, le château, abandonné, fut acquis par le cardinal de Richelieu en 1637 et intégré au duché d’Aiguillon. Il resta dans la famille de Lorraine jusqu’au XVIIe siècle, avant d’être progressivement restauré. Les vestiges actuels, incluant des éléments des XIIIe et XIVe siècles, témoignent de son importance stratégique et de son architecture militaire adaptée aux sièges répétés.