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Château de Magnanville dans les Yvelines

Château de Magnanville

    1 Place Léopold Bellan
    78200 Magnanville
Auteur inconnuUnknown author

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1720
Achat par Charles Savalette
1750-1753
Reconstruction du château
1767
Vente à Tavernier de Boullongne
1777
Visite de l’empereur Joseph II
1803
Démolition du château
1807
Reconstruction partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Charles Savalette - Fermier général et garde du Trésor royal Commanditaire du château en 1750.
François II Franque - Architecte du château Auteur de la reconstruction (1750-1753).
Philippe-Guillaume Tavernier de Boullongne - Fermier général et mécène Propriétaire de 1767 à 1790.
Jean-Jacques Huvé - Architecte Créateur de la salle de comédie.
Jacques-Florent Robillard - Régent de la Banque de France Reconstructeur de l’aile en 1807.
Joseph II - Empereur du Saint-Empire Visiteur incognito en 1777.

Origine et histoire

Le château de Magnanville, situé dans l’actuel département des Yvelines en Île-de-France, fut initialement un modeste manoir médiéval mentionné dès le XIe siècle. Les seigneurs de Magnanville, puis les familles de Landes et Briçonnet, en furent propriétaires jusqu’au début du XVIIIe siècle, lorsque le domaine fut acquis par le fermier général Charles Savalette en 1720. Ce dernier agrandit considérablement le fief en achetant des terres avoisinantes pour un total de 7 millions de livres, posant les bases d’un domaine exceptionnel.

Entre 1750 et 1753, Charles Savalette fit reconstruire le château par l’architecte François II Franque, pour un coût de 2,4 millions de livres. Le nouvel édifice, d’une magnificence remarquable, impressionna les contemporains par son faste et ses jardins à la française. Savalette y organisa des réceptions fastueuses, mais les dépenses excessives contraignirent son fils, Charles-Pierre, à vendre le domaine en 1767 à Philippe-Guillaume Tavernier de Boullongne, fermier général et mécène.

Sous Tavernier de Boullongne, Magnanville devint un lieu de rendez-vous mondain, accueillant même l’empereur Joseph II en 1777. Le propriétaire fit aménager une salle de comédie et entama la transformation des jardins en parc à l’anglaise. Cependant, endetté, il prévoyait déjà la vente du domaine dans son testament de 1783. Après sa mort, le château fut acquis en 1791 par le vicomte Morel de Vindé, qui y mena une vie plus sobre avant de le faire démolir en 1803, désespéré par la mort de sa fille.

En 1807, le baron Jacques-Florent Robillard, régent de la Banque de France, racheta une partie des ruines et fit reconstruire l’aile encore visible aujourd’hui. Le domaine passa ensuite entre les mains de sa famille, puis du peintre Georges Clairin en 1878, avant d’être acquis en 1898 par le comte Alfred de Gramont. En 1928, sa veuve le vendit à l’Association Léopold Bellan, qui y installa un sanatorium, aujourd’hui transformé en centre de gérontologie.

Le château original, décrit par Dezallier d’Argenville, présentait une architecture rectangulaire en pierre de taille, avec des façades à dix-neuf travées et des colonnes ioniques. Son intérieur comptait 4 grands appartements au rez-de-chaussée et 22 au premier étage, richement décorés par des artistes comme Oudry, Boucher et Challe. Une salle de comédie, créée par l’architecte Jean-Jacques Huvé, et une chapelle en ordre dorique complétaient cet ensemble somptueux, symbole du style Louis XVI naissant.

Détruit au début du XIXe siècle, le château de Magnanville ne subsiste plus que par des descriptions et des archives. Son aile reconstruite en 1807, bien plus modeste, témoigne cependant de son passé prestigieux. Le domaine, autrefois étendu sur 200 arpents, domine toujours la vallée de la Seine entre Mantes-la-Jolie et Rosny-sur-Seine, rappelant l’âge d’or des grandes résidences aristocratiques de l’Ancien Régime.

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