Origine et histoire du Château de Magny-en-Bessin
Le château de Magny-en-Bessin, situé dans le Calvados en Normandie, est un édifice de style classique construit au XVIIIe siècle sur des fondations plus anciennes. Son histoire remonte au moins au XIIe siècle, avec des traces d'occupation remontant à 4000 av. J.-C. et des vestiges romains et mérovingiens découverts à proximité. Le domaine, initialement un fief médiéval, est transformé en marquisat en 1695 sous Nicolas-Joseph Foucault, intendant de la généralité de Caen, qui l'agrandit considérablement.
Au XVIIIe siècle, le château est rebâti vers 1728 sous l'impulsion du marquis Nicolas-Joseph Foucault II, qui y réside jusqu'à sa mort en 1772. Le domaine, couvrant alors 80 % des terres de la paroisse, est organisé autour d'une allée axée sur la cathédrale de Bayeux. Après la Révolution, le château change plusieurs fois de propriétaires, dont la famille de Bonvouloir, qui réaménage le parc vers 1840 et maintient une vie mondaine jusqu'au début du XXe siècle.
Le XXe siècle marque un tournant dramatique pour le château. En 1945, il est vendu à un antiquaire qui le pille systématiquement, retirant boiseries, cheminées et même des arbres du parc. Transformé en usine de teillage en 1949, il subit des modifications structurelles majeures, comme la destruction de la chapelle et l'ajout d'une dalle de béton. Après la fermeture de l'usine en 1973, le château est abandonné et partiellement détruit par deux incendies en mars 2016.
Depuis 2018, le château bénéficie de l'attention de la Mission Bern et d'une association de sauvegarde. Sélectionné deux fois pour le Loto du patrimoine (2018 et 2021), il a reçu des subventions pour des travaux d'urgence, notamment une mise hors d'eau et hors d'air. Malgré ces efforts, sa préservation reste incertaine en 2025, bien que l'association organise des visites et mobilise des fonds pour sa restauration.
Architecturalement, le château mêle des éléments médiévaux réutilisés et des ajouts classiques du XVIIIe siècle, comme une charpente datée de 1715 et des décors rocaille partiellement conservés. Le parc, autrefois structuré en jardins à la française et en allées rayonnantes, a été profondément altéré par les activités industrielles et l'abandon. Aujourd'hui, seuls subsistent des vestiges des communs, des écuries et des éléments de ferronnerie.
Le château est inscrit aux monuments historiques depuis 1946, mais son état reste précaire. Les initiatives récentes, portées par des acteurs locaux et nationaux, visent à sauver ce témoin de l'histoire normande, marqué par des siècles de pouvoir seigneurial, des transformations économiques et des défis contemporains de préservation.