Origine et histoire du Château de Mailhoc
Le château de Mailhoc, implanté au nord de l'Albigeois sur des coteaux traversés par la Vère, est mentionné pour la première fois en 1227 dans un acte de co-seigneurie des fils du seigneur de Penne. Sa structure initiale, typique des maisons fortes rectangulaires, reflète les tensions de la guerre de Cent Ans entre les couronnes de France (Albigeois) et d'Angleterre (Rouergue). Les tours rondes, bien que modifiées ultérieurement, témoignent de cette période défensive, tandis que l'absence de datation précise complique leur analyse historique.
Au début du XVIe siècle, trois ailes du château sont construites, adoptant un style Renaissance sous l'impulsion de Philippe de Rabastens, chef protestant qui occupe les lieux pendant les guerres de religion. Ce dernier, connu pour ses exactions dans la région, modernise le confort du château tout en renforçant ses défenses. Le monument passe ensuite entre différentes mains via mariages, héritages et ventes, avec des travaux attestés en 1764 par un linteau. La Révolution française marque un tournant violent : le château, dont les propriétaires ont émigré, est saccagé, et ses tours sont raccourcies au niveau des façades.
Architecturalement, le château forme un quadrilatère flanqué de quatre tours cylindriques aux toits plats, avec trois ailes et un mur supportant une galerie donnant sur la cour. Un escalier d'honneur dessert l'étage, et les façades arbore des fenêtres à meneau, caractéristiques de la Renaissance. Les vestiges des fossés et d'une enceinte extérieure, visibles au XIXe siècle, rappellent son passé défensif. À l'intérieur, la cage d'escalier rectangulaire, flanquée d'une tourelle, présente des voûtes d'ogives à arêtes saillantes, tandis que les tours conservent des meurtrières et des embrasures pour l'artillerie légère.
Classé aux monuments historiques depuis le 13 juillet 1927, le château de Mailhoc illustre les transitions entre Moyen Âge et Renaissance, ainsi que les bouleversements liés aux conflits religieux et révolutionnaires. Son état actuel, bien que marqué par des destructions, préserve des éléments architecturaux significatifs, comme les arcades en plein cintre de la cour ou la porte surmontée d'un fronton à écusson. Les sources archéologiques, notamment les travaux de Bruno Tollon (1982), soulignent son importance dans le patrimoine tarnais.