Origine et histoire du Château de Maillé
Le château de Maillé, situé à La Chapelle-Bâton (Deux-Sèvres, Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines dans une construction Renaissance entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle. Initialement propriété de la famille de Kermavan, il fut profondément remanié par Maurice de Carman et Jeanne de Goulaine, qui y ajoutèrent un pavillon Renaissance à trois étages, orné de colonnes superposées des ordres toscan, ionique et corinthien. Une chapelle, construite en 1555, et des peintures murales du XVIe siècle complètent cet ensemble architectural.
En 1577, le domaine passe aux Maillé, famille tourangelle, par le mariage de Claude de Ploësquellec avec François de Maillé. Ce dernier, tué en duel en 1600, laisse le château à ses descendants, dont Charles de Maillé, qui obtient l'érection des terres en marquisat en 1612. Le château reste dans la famille jusqu’en 1747, malgré des drames comme la mort en duel de Donatien de Maillé en 1652. Les Maillé, liés à des figures comme Madame de Sévigné, marquent l’histoire du lieu jusqu’à sa vente pour dettes.
Après 1747, le château change plusieurs fois de mains : les Rohan-Chabot le négligent, Nicolas Ameline de Cadeville le restaure partiellement après 1789, et il est vendu comme bien national en 1796. Au XIXe siècle, il passe entre les mains de Paul Dein, puis du baron Nielly, qui reboise le domaine. Au XXe siècle, le vice-amiral Alfred Richard le restaure avant qu’il ne devienne la propriété de la famille Danguy des Déserts. Occupé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, il est classé Monument Historique en 1981 pour ses façades, toitures et éléments intérieurs.
L’architecture du château reflète ses transformations : une poterne d’entrée flanquée de deux tours à lanternons (1590), des communs contemporains du corps principal, et un bâtiment d’habitation accessible par un escalier menant à une terrasse. Le corps central, surélevé, domine l’ensemble. Malgré la destruction d’une aile au XVIIIe siècle, les éléments Renaissance, comme les colonnes ornées et les peintures murales, subsistent. Le domaine, aujourd’hui privé, conserve aussi une chapelle et un parc boisé.
Le château de Maillé est également lié à des anecdotes historiques, comme le duel fatal de François de Maillé en 1600 contre Guillaume Symon de Tromenec, un brigand excommunié contraint d’ériger un monument expiratoire en mémoire de sa victime. La devise des Carman, « Carman, Dieu seul avant », rappelée par Jean-Baptiste Ogée, souligne l’héritage médiéval du lieu, bien que le château actuel soit surtout marqué par la Renaissance et les remaniements des XVIIe et XVIIIe siècles.