Origine et histoire du Château de Maillé
Le château de Maillé, initialement nommé château de Coëtseizploë (Bois des sept paroisses), trouve ses origines au XIIIe siècle avec une motte féodale en bois détenue par la famille de Kermavan. Alain de Kermavan (1220-1263), seigneur du lieu, et son père François de Lesquelen, issu d’une branche cadette des comtes de Léon, marquent les débuts de cette lignée. Le château en pierre est érigé vers le XIVe siècle par Tanguy de Kermavan, puis transformé au XVIe siècle sous Maurice de Carman et Jeanne de Goulaine, qui y ajoutent des éléments Renaissance inspirés de Philibert Delorme, comme un pavillon à colonnes toscanes, ioniques et corinthiennes.
En 1577, le domaine passe aux Maillé, famille tourangelle, par le mariage de Claude de Ploësquellec avec François de Maillé, tué en duel en 1600. Leur fils Charles de Maillé obtient l’érection des terres en marquisat en 1612. Le château, enrichi de peintures murales et lambris au XVIIe siècle, est vendu en 1747 à Louis-Antoine de Rohan-Chabot, puis subit des destructions partielles. Après la Révolution, il est restauré par Nicolas Ameline de Cadeville, qui remplace la chapelle ruinée par une grange aménagée en 1808.
Classé monument historique en 1981 pour ses façades, toitures et décors intérieurs (dont une charpente peinte du XIVe siècle et une cheminée sculptée), le château conserve aussi une motte féodale et une chapelle du XVIIe siècle. Occupé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, il appartient aujourd’hui à la famille Danguy des Déserts. Son histoire reflète les transformations architecturales et les alliances nobles en Bretagne, des guerres de Ligue à l’époque contemporaine.
La chapelle actuelle, dédiée à Notre-Dame du Mont-Carmel, est un ancien bâtiment agricole du XVIIe siècle converti après la destruction de la chapelle originelle de Kermeur en 1808. Le domaine inclut également des douves, des allées historiques (comme celle de Morlaix) et des jardins clos, protégés depuis 1990. Les peintures murales du XVIe siècle et les boiseries du XVIIe siècle témoignent de son prestige passé.
Parmi les anecdotes marquantes, le gisant de François de Maillé, tué en duel en 1600, repose dans la chapelle de Tromenec (Landéda), érigée par son meurtrier en expiation. Le château a aussi abrité des membres de la famille de Sade : Marie-Éléonore de Maillé, petite-fille d’Henri de Maillé, était la mère du marquis de Sade. Ces liens illustrent son rôle dans l’histoire aristocratique française.