Origine et histoire
Le château de Mainsat, implanté sur la commune éponyme dans le département de la Creuse, trouve ses origines dans une occupation antique : des urnes cinéraires gallo-romaines, découvertes sur le site, suggèrent la présence d’un cimetière à cette époque. Un premier donjon en bois, érigé vers 960, fut détruit en 1005 par le duc d’Aquitaine, puis reconstruit en pierre dès 1011. Ce site stratégique subit de multiples destructions et reconstructions, notamment en 1225 par les soldats anglais, puis en 1360 durant la guerre de Cent Ans, où seuls des vestiges comme une fenêtre de l’actuelle tour d’entrée subsistent.
Au XVe siècle, le château connut une phase majeure d’agrandissement sous l’impulsion de Guy de La Roche-Aymon. Ce dernier fit ériger un corps de logis flanqué d’une tour carrée et d’un oratoire voûté, ainsi qu’un donjon carré au nord. Un incendie en 1465 ravagea une tour ronde, remplacée en 1472 par une tour carrée, tandis qu’un nouveau corps de logis fut accolé au donjon. Les modifications se poursuivirent au XVIe siècle avec le doublement du logis ouest, la transformation de la tour nord-est, et le remplacement de l’escalier sud par celui coiffant la tour d’entrée. En 1655, les toits furent rabaissés et le pont-levis céda la place à un pont de pierre, reflétant l’évolution des goûts architecturaux.
Le porche d’entrée, construit au XVIe siècle dans une brèche du mur d’enceinte, fut enrichi au siècle suivant de deux ailes, dont l’aile est se termine par des échauguettes. Une pierre datée de 1641 orne toujours le porche, tandis qu’un bâtiment de ferme voisin porte la date de 1635. Les aménagements paysagers interviennent bien plus tard : le parc et l’orangerie furent reconstruits vers 1888, et entre 1927 et 1960, Alain de Kernier entreprit des travaux d’embellissement, réemployant des éléments architecturaux extérieurs (lucarnes, fenêtres) et créant un jardin médiéval avec l’aide de la paysagiste Marguerite Charageat.
Le château de Mainsat est partiellement protégé au titre des monuments historiques. Le porche et la tour attenante furent inscrits en 1963, suivis en 1991 (puis 1997) par le parc et ses éléments décoratifs : parterres, statues, rocaille, orangerie, et mobilier en pierre. Ces inscriptions soulignent la valeur patrimoniale d’un site marqué par près d’un millénaire d’histoire, alliant vestiges médiévaux et transformations Renaissance ou classiques.