Origine et histoire du Château de Malesherbes
Le château de Malesherbes trouve ses origines au XIVe siècle avec le châtel de Bois-Malesherbes, acquis en 1398 par Jean de Montagu, surintendant des finances de Charles VI. Le domaine passe ensuite entre les mains de familles influentes comme les Graville et les Balzac d'Entragues. En 1599, Catherine Henriette de Balzac d'Entragues, maîtresse d'Henri IV, obtient une promesse de mariage écrite dans ce château, avant de participer à un complot contre le roi. Son père, François Balzac d'Entragues, est arrêté et gracié, mais assigné à résidence à Malesherbes.
En 1718, Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil achète le château, alors en ruine, et entreprend d'importants travaux sous la direction de l'architecte Pierre Vigny. Le château est transformé avec une façade classique, tout en conservant ses tours d'angle. Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, fils du précédent, y est exilé pendant le gouvernement du chancelier Maupeou (1771-1774). Passionné de botanique, il y développe un parc arboré remarquable, cité par des contemporains comme Thomas Jefferson et Arthur Young.
Le château devient un lieu symbolique pendant la Révolution française, car Malesherbes y accueille des royalistes avant d'être lui-même guillotiné en 1794. Ses héritiers, les neveux de Chateaubriand, animent le domaine sous la Restauration. Le château, partiellement classé monument historique depuis 1965 et 1988, conserve des éléments architecturaux majeurs comme la chapelle gothique, un pigeonnier de 1 800 niches et une glacière. Aujourd’hui propriété privée, son parc est ouvert à la visite.
L’architecture du château, remodelée au XVIIIe siècle, allie des éléments médiévaux comme les tours d'angle à une façade classique. Le parc, d’une centaine d’hectares, abrite des dépendances historiques comme la grange aux dîmes (XIVe siècle) et la maison de Chateaubriand. La chapelle, de style gothique flamboyant, abrite les tombeaux de François de Balzac d'Entragues et de son épouse, tandis que les archives du château sont conservées aux Archives nationales (sous-série 399 AP).