Frise chronologique
1376
Premier aveu du fief
Premier aveu du fief
1376 (≈ 1376)
Existence attestée d’un manoir médiéval.
1799
Achat par Joséphine
Achat par Joséphine
1799 (≈ 1799)
Devenue propriété de Joséphine de Beauharnais.
1800-1804
Résidence napoléonienne
Résidence napoléonienne
1800-1804 (≈ 1802)
Cœur du gouvernement pendant le Consulat.
1800–1805
Travaux de Percier et Fontaine
Travaux de Percier et Fontaine
1800–1805 (≈ 1803)
Rénovation du château et aménagement du parc.
1814
Mort de Joséphine
Mort de Joséphine
1814 (≈ 1814)
Fin de l’âge d’or du domaine.
1870
Saccage prussien
Saccage prussien
1870 (≈ 1870)
Dégâts pendant la guerre franco-prussienne.
1904
Legs à l’État
Legs à l’État
1904 (≈ 1904)
Donation par Daniel Iffla (Osiris).
1991
Classement monumental
Classement monumental
1991 (≈ 1991)
Protection du domaine et de son parc.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cet immeuble fait partie du Domaine national du château de Malmaison institué par le décret n°2022-906 du 17 juin 2022. Les parties intérieures ont été classées au titre des Monuments historiques intégralement et de plein droit par ce décret.
Personnages clés
| Joséphine de Beauharnais - Propriétaire et mécène |
Transforma le domaine en joyau botanique. |
| Napoléon Bonaparte - Empereur et résident |
Y séjourna pendant le Consulat. |
| Charles Percier - Architecte |
Rénova le château avec Fontaine. |
| Pierre Fontaine - Architecte |
Collabora à la modernisation du domaine. |
| Pierre-Joseph Redouté - Peintre botaniste |
Illustra les roses de Joséphine. |
| Daniel Iffla (Osiris) - Mécène et restaurateur |
Sauva le château en 1896. |
| Étienne Soulange-Bodin - Directeur des jardins |
Géra le parc après Joséphine. |
| Charles Percier et Pierre Fontaine - Architectes |
Rénovèrent le château pour Napoléon. |
Origine et histoire
Le château de Malmaison, situé à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine, est un monument emblématique lié à l’histoire napoléonienne. Son nom, d’origine médiévale, signifierait « mauvaise maison » (mala domus), peut-être en raison de sa fréquentation douteuse au IXe siècle ou de son usage passé comme lieu de soins pour les malades. Le domaine, identifié dès le Moyen Âge, passe entre les mains de plusieurs familles bourgeoises et aristocratiques, dont les Goudet, les Dauvergne et les Barentin, qui y construisent progressivement un manoir puis un château au XVIIe siècle.
En 1799, Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Bonaparte, achète le château et en fait sa résidence principale après son divorce en 1809. Sous sa direction, le domaine devient un joyau architectural et botanique, avec des jardins conçus dans le style anglais, une roseraie de 250 variétés, et des serres abritant des plantes exotiques. Napoléon y séjourne régulièrement jusqu’en 1804, avant de privilégier Saint-Cloud. Le château, rénové par les architectes Percier et Fontaine, abrite même le cœur du gouvernement français pendant le Consulat.
Joséphine transforme le parc en un « modèle de bonne culture », y introduisant des espèces rares rapportées du monde entier, comme des kangourous, des antilopes ou des roses de Chine. Elle collabore avec des experts comme le botaniste Étienne Soulange-Bodin et l’artiste Pierre-Joseph Redouté, qui documente ses roses dans un ouvrage de référence. Après sa mort en 1814, le domaine est vendu plusieurs fois, subissant des dégradations pendant la guerre franco-prussienne de 1870, avant d’être restauré par le mécène Daniel Iffla (Osiris) à la fin du XIXe siècle.
Classé monument historique en 1991, le château abrite aujourd’hui un musée national dédié au Consulat et au Premier Empire. Il présente des intérieurs restaurés, comme la salle du Conseil en forme de tente militaire, et des collections liées à Napoléon et Joséphine. Le parc, réduit à 6 hectares, conserve des éléments de son héritage botanique, tandis que des statues et obélisques, comme ceux provenant des jardins de Marly ou du château de Richelieu, ornent toujours ses façades.
Le domaine de Malmaison, qui s’étendait autrefois sur 726 hectares, a été en partie loti après 1814. Il inclut aujourd’hui le château de Bois-Préau, transformé en annexe muséale, et la Petite Malmaison, propriété privée. Labellisé « jardin remarquable », le site perpétue la mémoire de Joséphine, surnommée « l’impératrice des roses », dont la passion pour l’horticulture a marqué l’histoire des jardins français.