Origine et histoire du Château de Malmaison
Le château de Malmaison, situé à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine, trouve ses origines au Moyen Âge avec un manoir attesté dès 1376. Au XVIIe siècle, Christophe Perrot y construit une nouvelle demeure, agrandie par les Barentin au XVIIIe siècle. Le domaine passe entre les mains de plusieurs propriétaires, dont le chancelier d'Aguesseau et le banquier Le Couteulx du Molay, qui y reçoivent une société intellectuelle et artistique avant la Révolution.
En 1799, Joséphine de Beauharnais achète Malmaison et y engage d'importants travaux avec les architectes Percier et Fontaine. Napoléon Bonaparte, après le coup d'État du 18 Brumaire, en fait un lieu de pouvoir avant de privilégier Saint-Cloud. Joséphine, après leur divorce en 1809, y vit jusqu'à sa mort en 1814, transformant le parc en un jardin botanique exceptionnel, riche en roses et en espèces exotiques, avec l'aide de botanistes comme Étienne Soulange-Bodin et Pierre-Joseph Redouté.
Le château subit des dégradations lors de la guerre franco-prussienne de 1870, puis est restauré par le mécène Daniel Iffla (Osiris) à la fin du XIXe siècle. Classé monument historique en 1991, il abrite depuis 1905 un musée national dédié à l'époque napoléonienne, présentant des intérieurs restaurés et des collections liées au Consulat et au Premier Empire. Le domaine, aujourd'hui réduit, inclut aussi le château de Bois-Préau et est labellisé « Jardin remarquable ».
Le parc de Malmaison, sous l'impulsion de Joséphine, devint un modèle d'horticulture avec près de 250 variétés de roses, des serres chauffées et une ménagerie exotique. Les architectes et jardiniers, dont Thomas Blaikie et André Dupont, y introduisirent des techniques modernes d'hybridation. Après la mort de Joséphine, une partie du domaine fut lotie, mais le cœur historique, avec ses statues, ses obélisques et ses serres, fut préservé.
Les façades du château, jugées peu remarquables par Fontaine, furent ornées de statues et de vases provenant des jardins de Marly, ainsi que de centaures et d'obélisques en bronze. Ces éléments décoratifs, partiellement remplacés ou déplacés au fil des siècles, témoignent des transformations successives du domaine. Aujourd'hui, le musée expose des œuvres d'art, des meubles et des objets ayant appartenu à Napoléon et Joséphine, offrant un aperçu de leur vie quotidienne et de leur influence culturelle.