Origine et histoire du Château de Marbeaumont
Le château de Marbeaumont, situé à Bar-le-Duc dans la Meuse, fut construit entre 1903 et 1905 par la famille Varin-Bernier, banquiers influents de Lorraine. Conçu par les architectes Lucien Lehmann et Jules Renard, il incarne l’historicisme et l’éclectisme de l’époque, combinant des éléments néo-Renaissance, néo-Louis XIII et Art nouveau. Doté des technologies modernes (électricité, ascenseur, chauffage central), il symbolisait la puissance financière de ses propriétaires. Le domaine, entouré d’un parc à l’anglaise aux essences rares, fut cédé à la ville en 1946.
À l’origine, le site appartenait à l’abbaye de Sainte-Hoïlde avant d’être acquis par la famille Varin-Bernier au XIXe siècle. Une première demeure, construite en 1866-1869, fut remplacée par le château actuel, commandé par Paul Varin-Bernier pour affirmer son statut. Pendant la Première Guerre mondiale, il accueillit des généraux comme Pétain et Clemenceau, servant de base arrière lors de la bataille de Verdun. Endommagé durant les conflits, il fut restauré et transformé en médiathèque en 1996, abritant aujourd’hui 140 000 ouvrages et des fonds patrimoniaux.
L’architecture intérieure du château reflète un luxe ostentatoire, avec des salons décorés dans des styles variés (Renaissance, Louis XVI, Directoire). Le rez-de-chaussée comprend un hall en noyer et marbre, une salle à manger aux caissons peints, et un jardin d’hiver en verre et faïence. Le parc, aménagé par Philippe Arbeaumont, intègre une pièce d’eau, une cascade de rocaille, et des arbres remarquables comme un séquoia ou un Fau de Verzy. Classé monument historique en 1980, le château allie héritage architectural et fonction culturelle contemporaine.
La médiathèque Jean Jeukens, installée dans le château depuis 1996, conserve un fonds patrimonial de 65 000 livres anciens, dont 500 imprimés à la Renaissance, ainsi que des manuscrits et archives locales. Les collections incluent des dons de personnalités barisiennes, comme le fonds Léon Maxe-Werly (archéologie) ou Henri Dannreuther (protestantisme). Le bâtiment, propriété de la ville, reste un symbole du mécénat industriel et de l’adaptation du patrimoine à des usages publics.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’état-major allemand occupa le château et incendia les communs avant leur départ. En 1946, René Varin-Bernier le céda pour un prix symbolique à la municipalité. Après avoir abrité des services administratifs et scolaires, il fut rénové dans les années 1990 pour accueillir la médiathèque, marquant une nouvelle phase de sa vie, entre préservation historique et accessibilité culturelle.