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Château de Marchais dans l'Aisne

Château de Marchais


    Marchais
artiste français du XIXe siècle

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1540
Reconstruction du château
1553
Achat par Charles de Lorraine-Guise
1554-1559
Séjours d'Henri II
1602
Visite de Marie de Médicis
1719
Vente à Louis IV Henri de Bourbon-Condé
1854
Acquisition par les Grimaldi
1906
Essais d'hélicoptère par Maurice Léger
1914-1918
Occupation allemande
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Nicolas de Boussu - Comte de Longueval et surintendant des finances Reconstruit le château vers 1540.
Charles de Lorraine-Guise - Cardinal-archevêque de Reims Embellit le château avec le Primatice.
Henri II - Roi de France Séjournait pour pèlerinages et stratégies militaires.
Marie de Médicis - Reine de France Visite en 1602 pour remercier Notre-Dame.
Princesse Antoinette de Monaco - Épouse de Charles III de Monaco Acquiert le domaine en 1854 pour les Grimaldi.
Prince Albert Ier - Prince de Monaco Organise chasses et soutient innovations scientifiques.

Origine et histoire

Le Château de Marchais, situé dans la commune du même nom dans l’Aisne, trouve ses origines au Moyen Âge avec un premier château datant probablement de la première croisade, appartenant au baron d’Eppes. Ce site devint une étape privilégiée pour les rois de France en pèlerinage vers Notre-Dame de Liesse, comme Charles VI, Louis XI, et François Ier, qui y séjournèrent entre le XIVe et XVIe siècles. Le château médiéval, en partie ruiné, fut reconstruit vers 1540 par Nicolas de Boussu, comte de Longueval et surintendant des finances de François Ier, dans un environnement marécageux traversé par la rivière Souche.

En 1553, le domaine est acquis par Charles de Lorraine-Guise, cardinal et archevêque de Reims, qui y accueille Henri II et sa famille à plusieurs reprises entre 1554 et 1559. Le Primatice, architecte des Lorraine-Guise, embellit alors le château, qui devient un lieu stratégique pour les préparatifs militaires, comme lors du siège de Saint-Quentin en 1557. Après la mort du cardinal en 1574, le domaine passe à ses héritiers, dont Henriette-Catherine de Joyeuse, qui y reçoit Marie de Médicis en 1602 pour un pèlerinage de remerciement après la naissance de Louis XIII.

Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains : vendu en 1719 à Louis IV Henri de Bourbon-Condé, il est ensuite cédé à sa sœur Louise Adélaïde de Bourbon-Conti, puis à Georges René Binet en 1738, qui obtient son érection en baronnie. En 1780, le domaine échoit à Élisabeth Josephe de Laborde, veuve d’Eustache Gérard Binet, avant d’être acquis en 1803 par le banquier Médard Desprez. Après plusieurs transactions, il est finalement racheté en 1854 par la princesse Antoinette de Monaco, épouse de Charles III, marquant le début de son lien durable avec la famille princière.

Sous les Grimaldi, le château de Marchais devient un lieu de villégiature et de réception pour la famille princière. Le prince Albert Ier y organise des chasses et y accueille des personnalités comme le roi Charles Ier de Portugal. En 1906, le domaine sert même de base à Maurice Léger pour ses essais d’hélicoptère, marquant une incursion dans l’innovation scientifique. Pendant la Première Guerre mondiale, le château, occupé par un état-major allemand, subit des dégradations mais échappe à la destruction. Aujourd’hui, le domaine de 1 500 hectares, partagé entre chasse et cultures, reste propriété des Grimaldi.

Architecturalement, le château du XVIe siècle, entouré de canaux et de forêts, reflète les embellissements Renaissance apportés par le Primatice. Le parc, redessiné à l’anglaise au XIXe siècle par le comte Delamare, s’étend autour d’étangs et de chemins arborés, comme en témoigne la carte de Cassini. Le village de Marchais, cité dès le XIIe siècle sous le nom Terra Marconis, doit son nom à son environnement marécageux asséché au XVIe siècle. Le domaine, autrefois ouvert aux habitants pour des activités comme les boules, est aujourd’hui fermé au public pour préserver l’intimité de la famille princière.

Liens externes