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Château de Marcilly à Cervon dans la Nièvre

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Marcilly à Cervon

  • 174 Marcilly
  • 58800 Cervon
Château de Marcilly à Cervon
Château de Marcilly à Cervon
Château de Marcilly à Cervon
Château de Marcilly à Cervon
Crédit photo : LecomteB - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
58800 Cervon, 174 Marcilly

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1443
Vente à Jean Bondault
milieu du XVe siècle
Construction initiale
1710
Acquisition par les Mesgrigny
1792
Destruction de la chapelle
première moitié du XVIIIe siècle
Rénovations majeures
8 novembre 1996
Protection MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château, communs et chapelle (cad. F 527, 591) : inscription par arrêté du 8 novembre 1996

Personnages clés

Jean de Salazart - Fondateur du château Baron espagnol, constructeur au XVe siècle.
Jean Bondault - Acquéreur en 1443 Écuyer, bailli de Château-Chinon.
Jacques-Louis de Mesgrigny - Propriétaire en 1710 Époux de la fille de Vauban.
Louis-Etienne Hector Le Peletier d'Aunay - Maire de Paris, propriétaire Député et maire de Cervon au XIXe.
Honoré-Joseph-Octave Le Peletier d'Aunay - Dernier propriétaire notable Maire de Cervon en 1865.
Maréchal de Vauban - Lien familial et militaire Canons de Philippsbourg conservés.

Origine et histoire du Château de Marcilly

Le château de Marcilly, situé dans le hameau éponyme sur la commune de Cervon (Nièvre), est une forteresse du XVe siècle édifiée par Jean de Salazart, baron et gentilhomme espagnol. De plan triangulaire, il était originellement ceint de murailles, de fossés et de quatre tours angulaires, avec l’Yonne comme défense naturelle. Son architecture mêle des éléments défensifs médiévaux (assommoirs, canonnières transformées en fenêtres) et des réaménagements ultérieurs, notamment au XVIIIe siècle (combles mansardés, suppression des courtines) et au XIXe siècle (aile en retour d’équerre). Une chapelle castrale, aujourd’hui détruite, se trouvait sur la terrasse sud.

Au XVe siècle, la seigneurie de Marcilly, mouvante de l’abbaye Saint-Léonard de Corbigny, passe entre les mains de familles nobles : Jean de Salazart la vend en 1443 à Jean Bondault, puis elle échoit par héritage à Pierre Leroy de Carreau (1508). Au XVIIe siècle, la baronnie est partagée entre les Leroy, les Jaucourt et les Mesgrigny, ces derniers liés par alliance à la famille de Vauban. En 1710, Charles Leroy de Carreau cède sa part à Jacques-Louis de Mesgrigny, époux de Charlotte Le Prestre, fille du maréchal de Vauban. Le château conserve d’ailleurs des canons souvenirs de la prise de Philippsbourg, offerts à Vauban.

Au XVIIIe siècle, le domaine appartient aux Le Peletier d’Aunay, dont Louis-Etienne Hector, maire de Paris sous le Premier Empire et député sous la Restauration. Son fils, le comte Honoré-Joseph-Octave, maire de Cervon et propriétaire du château en 1865, y réside jusqu’à sa mort. Les communs et la chapelle du XVIIe siècle, ainsi que les décors intérieurs, sont protégés depuis 1996 comme Monuments historiques. Le parc abrite une galerie souterraine où fut découvert un Rhinolophus hipposideros en 2019. Propriété privée, le château ne se visite pas.

L’architecture reflète ses transformations successives : rez-de-chaussée voûté avec tours rondes du XVe siècle, façade intérieure dotée d’une porte du XVIIe siècle, et combles aménagés au XVIIIe. Les fossés, aujourd’hui secs, étaient franchis par un pont-levis, remplacé par un pont dormant. Le site, décrit par l’abbé Baudiau en 1865, allie vestige médiéval (tours d’angle, douves) et ajouts classiques (tourelles en encorbellement, fenêtres élargies).

Le château de Marcilly incarne l’histoire féodale puis seigneuriale du Morvan, marqué par des alliances nobles (Leroy, Mesgrigny, Le Peletier) et des figures comme Vauban, dont l’héritage militaire et architectural y est palpable. Les archives mentionnent des restaurations aux XXe siècle (1915, 1970), mais le cœur du logis et ses défenses conservent leur caractère originel. Classé pour ses communs et sa chapelle, il reste un témoignage des forteresses morvandelles adaptées aux époques modernes.

Liens externes

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