Origine et histoire du Château de Marcilly
Le château de Marcilly, situé dans le hameau éponyme sur la commune de Cervon (Nièvre), est une forteresse du XVe siècle édifiée par Jean de Salazart, baron et gentilhomme espagnol. De plan triangulaire, il était originellement ceint de murailles, de fossés et de quatre tours angulaires, avec l’Yonne comme défense naturelle. Son architecture mêle des éléments défensifs médiévaux (assommoirs, canonnières transformées en fenêtres) et des réaménagements ultérieurs, notamment au XVIIIe siècle (combles mansardés, suppression des courtines) et au XIXe siècle (aile en retour d’équerre). Une chapelle castrale, aujourd’hui détruite, se trouvait sur la terrasse sud.
Au XVe siècle, la seigneurie de Marcilly, mouvante de l’abbaye Saint-Léonard de Corbigny, passe entre les mains de familles nobles : Jean de Salazart la vend en 1443 à Jean Bondault, puis elle échoit par héritage à Pierre Leroy de Carreau (1508). Au XVIIe siècle, la baronnie est partagée entre les Leroy, les Jaucourt et les Mesgrigny, ces derniers liés par alliance à la famille de Vauban. En 1710, Charles Leroy de Carreau cède sa part à Jacques-Louis de Mesgrigny, époux de Charlotte Le Prestre, fille du maréchal de Vauban. Le château conserve d’ailleurs des canons souvenirs de la prise de Philippsbourg, offerts à Vauban.
Au XVIIIe siècle, le domaine appartient aux Le Peletier d’Aunay, dont Louis-Etienne Hector, maire de Paris sous le Premier Empire et député sous la Restauration. Son fils, le comte Honoré-Joseph-Octave, maire de Cervon et propriétaire du château en 1865, y réside jusqu’à sa mort. Les communs et la chapelle du XVIIe siècle, ainsi que les décors intérieurs, sont protégés depuis 1996 comme Monuments historiques. Le parc abrite une galerie souterraine où fut découvert un Rhinolophus hipposideros en 2019. Propriété privée, le château ne se visite pas.
L’architecture reflète ses transformations successives : rez-de-chaussée voûté avec tours rondes du XVe siècle, façade intérieure dotée d’une porte du XVIIe siècle, et combles aménagés au XVIIIe. Les fossés, aujourd’hui secs, étaient franchis par un pont-levis, remplacé par un pont dormant. Le site, décrit par l’abbé Baudiau en 1865, allie vestige médiéval (tours d’angle, douves) et ajouts classiques (tourelles en encorbellement, fenêtres élargies).
Le château de Marcilly incarne l’histoire féodale puis seigneuriale du Morvan, marqué par des alliances nobles (Leroy, Mesgrigny, Le Peletier) et des figures comme Vauban, dont l’héritage militaire et architectural y est palpable. Les archives mentionnent des restaurations aux XXe siècle (1915, 1970), mais le cœur du logis et ses défenses conservent leur caractère originel. Classé pour ses communs et sa chapelle, il reste un témoignage des forteresses morvandelles adaptées aux époques modernes.