Origine et histoire
Le château de Marsac, implanté sur une colline au cœur du village, trouve ses origines au Moyen Âge. Sa tour carrée, datée des XIIe et XIIIe siècles, est considérée comme la plus ancienne du Tarn-et-Garonne. À cette époque, le château servait de siège à une seigneurie détenue par des familles nobles, dont les Montesquiou, barons anglais, attestés dès 1277. Ce site stratégique, marqué par des murs épais et des meurtrières, reflétait alors une vocation défensive, typique des châteaux féodaux de la région.
Au XVIe siècle, le château subit d’importants remaniements dans le style Renaissance. Entre 1557 et 1563, un escalier et des fenêtres sont ajoutés, tandis qu’une galerie est construite sur l’ancienne courtine. Ces transformations, comparables à celles du château voisin de Gramont, adoucissent son aspect austère. En 1563, des écuries et des communs sont érigés pour clôturer une cour, mais ils seront démolis au début du XIXe siècle, modifiant la perspective sur le village. Les XVIIIe et XIXe siècles voient d’autres aménagements, comme l’ajout d’un corps de bâtiment incluant une chapelle néo-gothique inachevée, ou le percement de fenêtres pour éclairer les intérieurs.
Le château change plusieurs fois de mains parmi l’aristocratie locale. En 1641, Jean de Montesquiou en devient l’unique seigneur, avant que le domaine ne passe en 1677 à Jean-Paul de Rochechouart, marquis de Faudoas. En 1741, Melchior François de Reversat de Céles, conseiller au Parlement de Toulouse, hérite du château par son épouse, Marie Thérèse d'Auterive, fille du comte de Marsac. Ce dernier, Étienne d'Auterive, était lui-même conseiller au Parlement. Le château, toujours propriété privée, illustre l’évolution des modes de vie nobles, passant d’une forteresse médiévale à une résidence confortable, comme en témoignent les décors sculptés, les parquets et la devise latine Cedat violentia patientiae (« que la violence cède à la non-violence »), peinte sur une cheminée.
Au XIXe siècle, le domaine foncier des Marsac s’étendait sur 425 hectares, incluant onze métairies, des vignes, des bois et des moulins. Un testament de 1862 détaille cette organisation agricole, révélant l’importance économique du château dans la région. Les terres, réparties entre Marsac, Poupas et Gramont, comprenaient des prairies, des terres labourables et des vignobles, exploitées par des métayers. Ces éléments soulignent le rôle central du château, non seulement comme symbole de pouvoir seigneurial, mais aussi comme pivot d’une exploitation agricole diversifiée.
Classé monument historique pour ses façades et toitures, le château de Marsac conserve des traces de ses multiples transformations. La salle voûtée en berceau du rez-de-chaussée, accessible par une trappe, rappelle son origine médiévale, tandis que les aménagements des XVIIIe et XIXe siècles — salon, bibliothèque, parquets — reflètent une recherche croissante de confort. Malgré sa vocation guerrière initiale, le château incarne aujourd’hui un patrimoine architectural hybride, mêlant austérité féodale et raffinement Renaissance, tout en restant inaccessible au public.