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Frise chronologique
1305
Construction du premier château
Construction du premier château
1305 (≈ 1305)
Donjon et tourelle édifiés par Guillaume de Nogaret.
vers 1560
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
vers 1560 (≈ 1560)
Aile nord rebâtie par Jean de Louet.
1622
Siège pendant les guerres de Religion
Siège pendant les guerres de Religion
1622 (≈ 1622)
Destructions suivies de restaurations en 1676.
1679
Agrandissement par le marquis de Calvisson
Agrandissement par le marquis de Calvisson
1679 (≈ 1679)
Aile sud et escalier monumental ajoutés.
1767
Achèvement de l’orangerie
Achèvement de l’orangerie
1767 (≈ 1767)
Fermeture de la cour d’honneur.
1936
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur
1936 (≈ 1936)
Aile nord détruite, façade Renaissance épargnée.
20 octobre 1995
Classement monument historique
Classement monument historique
20 octobre 1995 (≈ 1995)
Protection de l’ensemble château et jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble du château, avec ses bâtiments annexes et ses jardins (cad. B 273, 274) : classement par arrêté du 20 octobre 1995
Personnages clés
| Guillaume de Nogaret - Conseiller de Philippe IV le Bel |
Commanditaire du château en 1305. |
| Jean de Louet de Calvisson - Seigneur et reconstructeur |
Aile Renaissance construite vers 1560. |
| Jean-Louis II de Louet de Nogaret - Marquis de Calvisson |
Agrandissements et escalier en 1679. |
| Anne-Joseph de Louet - Dernier grand aménageur |
Orangerie et gypseries au XVIIIe siècle. |
| Gabriel Dardalhien et Jean Cubizol - Architectes nîmois |
Restauration post-siège en 1676. |
| Philippe Mauric - Sculpteur |
Ornements des ailes nord et sud. |
Origine et histoire
Le château de Marsillargues, aussi appelé château Guillaume de Nogaret, fut initialement construit en 1305 par ce dernier, conseiller du roi Philippe IV le Bel, après que Marsillargues fut rattachée au domaine royal. Ce premier édifice féodal comprenait un donjon, une tourelle carrée, des cuisines et des salles souterraines, dont des vestiges subsistent encore aujourd’hui. La seigneurie fut offerte à Nogaret en récompense de ses services, incluant des terres dans la Vaunage et vers Aigues-Mortes.
Vers 1560, Jean de Louet de Calvisson entreprit une reconstruction majeure, érigeant une aile nord de style Renaissance, marquée par une façade ornée de frontons, mascarons et emblèmes royaux (porc-épic de Louis XII, salamandre de François Ier). Cette façade, considérée comme l’une des plus belles du Midi, évoque celle du château d’Uzès. En 1622, le château, alors fortifié, subit un siège durant les guerres de Religion, nécessitant des restaurations par les architectes nîmois Gabriel Dardalhien et Jean Cubizol en 1676.
Au XVIIe siècle, Jean-Louis II de Louet de Nogaret, marquis de Calvisson, ajusta l’aile nord avec un escalier suspendu et un portail monumental, tandis que l’aile sud, construite en 1679, abritait les écuries dans un style plus martial, orné d’emblèmes de Louis XIV. L’ingénieur royal Ponce Alexis de La Feuille et les sculpteurs comme Philippe Mauric contribuèrent à ces travaux, reflétant le goût pour le faste sous le règne du Roi-Soleil.
Le XVIIIe siècle vit l’ajout d’une orangerie (1767), d’une grotte décorative (1752), et la refonte des gypseries par Anne-Joseph de Louet, complétant un parc géométrique avec bassins et allées. Ces aménagements illustrent l’évolution vers un cadre de vie aristocratique axé sur l’esthétique et les loisirs. Le château devint aussi un lieu de mémoire locale, comme en témoigne la cloche de Congénies parrainée par Anne-Joseph en 1759.
Au XIXe siècle, le déclin s’amorça avec la perte de sa fonction seigneuriale. La catastrophe survint en 1936 : un incendie détruisit l’aile nord, épargnant seulement la façade Renaissance. Rachat par la municipalité en 1948, le château fut classé monument historique en 1952. Après des restaurations partielles, il abritera un musée et une bibliothèque, tandis que sa cour, autrefois laissée à l’abandon, redevint un espace culturel et festif pour la communauté.
Aujourd’hui, le château de Marsillargues incarne à la fois un patrimoine architectural exceptionnel et un lieu de vie ancré dans le quotidien local. Ses murs portent les traces de Guillaume de Nogaret, des Louet de Calvisson, et des artisans qui façonnèrent son histoire, tout en accueillant désormais des événements publics et un musée dédié aux arts et traditions populaires.