Frise chronologique
1482
Acquisition du fief
Acquisition du fief
1482 (≈ 1482)
Jacques Le Pelletier achète Martainville.
1485
Début de la construction
Début de la construction
1485 (≈ 1485)
Date gravée sur une fenêtre.
1499
Héritage et transformation
Héritage et transformation
1499 (≈ 1499)
Jacques hérite de son frère Richard.
1511
Mort de Jacques Le Pelletier
Mort de Jacques Le Pelletier
1511 (≈ 1511)
Transmission à son neveu Jacques II.
1571
Changement de nom familial
Changement de nom familial
1571 (≈ 1571)
Richard devient *de Martainville*.
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection du château.
1906
Rachat par l'État
Rachat par l'État
1906 (≈ 1906)
Sauvetage *in extremis* du domaine.
1962
Ouverture du musée
Ouverture du musée
1962 (≈ 1962)
Musée des Traditions Normandes.
1997
Protection des jardins
Protection des jardins
1997 (≈ 1997)
Inscription des vestiges paysagers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : classement par liste de 1889 - Ferme du château : puits avec sa couverture ; colombier ; couvertures et façades des bâtiments entourant la cour de la ferme ; hangar en charpente situé dans le verger à droite des bâtiments entourant la cour de la ferme et hangar en charpente situé dans l'herbage à gauche des bâtiments : classement par arrêté du 4 juin 1931 - Assiette foncière des anciens jardins, avec l'ensemble des éléments subsistants de la clôture et de la composition, y compris les sols de la cour des communs (cad. B 80, 81, 86, 198, 196, 173, 202 ; ZI 1, 32, 33, 37, 3 ; la limite sud non cadastrée située sur la parcelle ZI 37 suit le tracé de l'ancien "chemin derrière les murs") : inscription par arrêté du 7 octobre 1997
Personnages clés
| Jacques Le Pelletier - Commanditaire et constructeur |
Bourgeois rouennais, initie le château. |
| Richard Le Pelletier - Frère cadet de Jacques |
Sa mort en 1499 change l’histoire familiale. |
| Jacques II Le Pelletier - Héritier et dilapidateur |
Népotisme et déclin financier. |
| Richard de Martainville - Gentilhomme d’Henri III |
Obtient le changement de nom. |
| Daniel Lavallée - Fondateur du musée |
Collecte les arts normands. |
| Henri Gosselin - Architecte restaurateur |
Rénovation vers 1925. |
Origine et histoire
Le château de Martainville est une demeure de la fin du XVe siècle construite par Jacques Le Pelletier, riche bourgeois et armateur rouennais. Acquérant le fief en 1482, il entreprend la construction vers 1485, transformant une résidence campagnarde en un château symétrique, inspiré des châteaux forts mais adapté aux besoins résidentiels de l’époque. La date de 1485, gravée sur une fenêtre, marque le premier aveu rendu à l’abbaye Saint-Ouen de Rouen, suzeraine du fief.
En 1499, la mort de son frère Richard permet à Jacques Le Pelletier d’hériter de ses biens et d’abandonner le commerce pour se consacrer à l’embellissement de Martainville. Il meurt en 1511 sans héritier masculin, laissant le domaine à son neveu Jacques II, qui dilapide la fortune familiale. En 1571, son descendant Richard obtient de Charles IX le droit de changer son nom en de Martainville, marquant l’ascension sociale de la famille.
Au XVIIe siècle, le château, alors propriété de Louis de Martainville, voit ses communs agrandis et ses intérieurs transformés pour s’adapter à la vie à la cour de Versailles. Le dernier héritier direct meurt en 1757, et le domaine passe aux familles Couture puis Fautereau. Abandonné après 1870, il est sauvé in extremis par l’État en 1906, après avoir été partiellement démantelé.
Classé Monument Historique dès 1889, le château est restauré au XXe siècle, notamment par Henri Gosselin vers 1925. Depuis 1962, il abrite le musée des Traditions et Arts Normands, fondé par Daniel Lavallée, qui y rassemble des collections de mobilier, costumes et objets du XVe au XIXe siècle. Le musée, labellisé Musée de France, met en valeur le patrimoine ethnographique de la Haute-Normandie.
Architecturalement, Martainville se distingue par son plan symétrique innovant, avec un couloir central et un escalier en tourelle arrière, inspirant des châteaux comme Chenonceau. La façade principale, remaniée au XVIe siècle, intègre une chapelle et un pont-à-bascule évoquant les châteaux forts. Les matériaux — briques cuites sur place et pierres de Vernon — et les décors de briques vernissées noires en motifs géométriques soulignent son originalité.
Les jardins, créés aux XVIIe et XVIIIe siècles, sont partiellement conservés et protégés depuis 1997. Le domaine, entouré de murs crénelés et de tourelles, inclut une basse-cour avec dépendances (colombier, granges) et un vaste jardin d’agrément. Aujourd’hui propriété du département de Seine-Maritime, le château allie patrimoine architectural et muséographie dédiée aux arts populaires normands.