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Château de Martigny-le-Comte en Saône-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château de Martigny-le-Comte

  • Le Bourg
  • 71220 Martigny-le-Comte
Propriété privée
71220 Martigny-le-Comte, Le Bourg

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1800
1900
2000
1388
Passage aux Chazeron
1423
Confiscation par Philippe III
limite XIIIe-XIVe siècle
Construction initiale
1477
Restitution aux Chazeron
1848
Achat par Antoine de Beaumont
1878
Restauration néo-gothique
24 février 1995
Inscription partielle MH
1er octobre 2012
Classement total
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château et serre (cad. AD 23) : inscription par arrêté du 24 février 1995

Personnages clés

Hugues de Damas - Seigneur au XIe siècle Premier propriétaire connu de la seigneurie.
Guillaume Flotte - Seigneur au XIIIe siècle Détenteur sous Hugues IV de Bourgogne.
Nicolas Rolin - Chancelier de Bourgogne Bénéficiaire de la confiscation en 1423.
Claude de La Guiche - Seigneur de Chaumont Acquiert Martigny fin XVe siècle.
Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac - Duc propriétaire en 1792 Victime des violences révolutionnaires.
Antoine de Beaumont - Comte restaurateur (XIXe) Acheteur en 1848, initie les travaux.

Origine et histoire du Château de Martigny-le-Comte

Le château de Martigny-le-Comte, mentionné dès 1316, était à l’origine un château fort quadrangulaire entouré de fossés, doté de trois tours rondes et d’un donjon carré abritant une cave voûtée. Situé sur une butte dominant la région, il fut le centre de la seigneurie de Martigny, intégrée au comté de Charolais au XIIIe siècle. Son histoire médiévale est marquée par des changements de propriétaires influents, comme les familles Chazeron, Rolin (liées à Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne), ou La Guiche, qui en firent un enjeu politique entre les partisans du dauphin Louis XI et le duc de Bourgogne.

À partir du XVIIe siècle, le château fut progressivement abandonné avant d’être acquis en 1848 par le comte Antoine de Beaumont. Ce dernier entreprit une restauration majeure en 1878, transformant l’édifice en un château néo-gothique caractéristique du XIXe siècle, avec des logis en L, des tours arrondies, et une tour-porche carrée. Le site, entouré de jardins structurés et de fossés, fut partiellement inscrit aux monuments historiques en 1995, puis entièrement classé en 2012, incluant son assiette d’implantation et ses dépendances comme le colombier.

L’architecture actuelle mêle des vestiges médiévaux, comme la tour sud-est arasée, à des éléments du XIXe siècle, tels que l’escalier en fer à cheval ou les toitures d’ardoise. Le château illustre ainsi près de sept siècles d’histoire, des conflits féodaux entre Bourgogne et France aux restaurations romantiques, tout en restant propriété des descendants de la famille de Beaumont. Son plan en L, ses tourelles polygonales, et son emplacement stratégique en font un témoignage remarquable de l’évolution des châteaux forts en résidences aristocratiques.

La seigneurie de Martigny, initialement détenue par Hugues de Damas au XIe siècle, passa entre les mains de familles puissantes comme les Flotte, les Chazeron (dépouillés en 1423 pour leur soutien au dauphin), ou les Choiseul par alliance matrimoniale au XVIe siècle. La confiscation de 1423 par Philippe III de Bourgogne, puis la restitution en 1477 après la chute de Charles le Téméraire, reflètent les turbulences politiques de l’époque. Au XVIIIe siècle, le duc de Cossé-Brissac, propriétaire en 1792, fut victime des violences révolutionnaires, marquant une rupture avant la renaissance du site au XIXe siècle.

Les sources historiques, comme les travaux de Françoise Vignier ou les archives de Monumentum, soulignent l’importance militaire et seigneuriale du château, depuis son rôle dans les fortifications médiévales jusqu’à sa transformation en résidence d’agrément. Les éléments protégés aujourd’hui (fossés, étang, sols environnants) rappellent son ancrage paysager et stratégique, tandis que les jardins à la française et les haies taillées témoignent de son adaptation aux canons esthétiques des XIXe et XXe siècles.

Enfin, le château de Martigny-le-Comte incarne la transition entre l’architecture défensive du Moyen Âge et les résidences aristocratiques des temps modernes. Son inscription au titre des monuments historiques, couplée à sa conservation par une même famille depuis 1848, en fait un patrimoine vivant, où se superposent les traces des conflits bourguignons, des restaurations romantiques, et d’une histoire seigneuriale mouvementée, ancrée dans le Charolais et la Bourgogne-Franche-Comté.

Liens externes

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