Origine et histoire du Château de Marzac
Le château de Marzac, situé à Tursac en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), est un édifice construit entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle. Implanté sur une hauteur surplombant la Vézère d’une soixantaine de mètres, il contrôlait historiquement la navigation fluviale avec le château du Petit-Marzac. Le site était occupé dès le XIIIe siècle par la famille de Marzac, mentionnée pour la première fois en 1294 avec Guichard de Marzac. Pendant la guerre de Cent Ans, le repaire changea plusieurs fois de mains entre Anglais et Français, avant d’être reconstruit au XVe siècle par la famille de Campniac, puis transmis aux Roffignac.
Le château actuel se compose d’un logis rectangulaire flanqué de quatre tours circulaires et d’une tour d’escalier carrée, le tout couronné de mâchicoulis et de chemins de ronde. Une chapelle funéraire du XVIe siècle, ornée de peintures, et un pigeonnier rond du XVIIe siècle complètent l’ensemble. Au fil des siècles, le domaine passa entre les mains de familles nobles, dont les Carbonnier de Marzac (descendants du corsaire Jean Bart par alliance) et les Fleurieu. En 1915, le comte Alphonse Claret de Fleurieu y accueillit le peintre japonais Foujita, qui y résida plusieurs mois.
Classé monument historique en deux temps (1963 pour les vestiges du cloître, 1991 pour la chapelle, le pigeonnier et les façades), le château fut acquis en 2019 par la famille Guyot, propriétaire du château de Bridoire. Celle-ci entreprit sa restauration pour une ouverture au public sous forme de jeu d’évasion, projet retardé par la pandémie de Covid-19. Le domaine, qui s’étend sur 288 hectares, inclut également des communs, un jardin à la française et des dépendances. En 2023, il servit de décor à la série Fortune de France.
L’architecture du château reflète son évolution : des éléments défensifs médiévaux (douves comblées, meurtrières) côtoient des ajouts Renaissance comme les fenêtres à meneaux et les galeries voûtées ornées de peintures. La terrasse en terre-plein, bordée de murs de soutènement, offre une vue imprenable sur la vallée de la Vézère, tandis que le pigeonnier rond, typique des domaines seigneuriaux, souligne son statut agricole et symbolique. Le site, privé, reste un témoignage majeur du patrimoine périgourdin, marqué par les conflits franco-anglais et l’influence des grandes familles régionales.