Origine et histoire du Château de Masclat
Le château de Masclat, situé dans le Lot en Occitanie, trouve ses origines au XIIIe siècle sous la seigneurie des Cardaillac, qui édifièrent la tour centrale et une partie du corps de logis. La vicomté de Carlux, dont dépendait Masclat, fut cédée aux vicomtes de Turenne en 1251, puis passa par alliances successives aux familles Thémine, Ithier de Concorès, et de Masclat. Occupé par les Anglais entre 1355 et 1362, le château reflète les conflits de la guerre de Cent Ans dans le Quercy.
Au XVe siècle, la seigneurie de Masclat fut partagée entre les d’Auriole (issus du mariage de Peyronne de Lopdat) et les de Vervaix, ces derniers marquant l’histoire du lieu jusqu’au XVIIe siècle. Jean de Vervaix, seigneur en 1516, aurait ajouté les ailes du corps principal et la tour d’escalier. La famille, devenue protestante, fut impliquée dans les guerres de Religion : François de Vervaix s’empara du château de Nabirat en 1577, tandis que Samuel de Vervaix, coseigneur au XVIIe siècle, illustre l’influence huguenote dans la région.
Les Fontanges et les de Lantron devinrent coseigneurs aux XVIIe et XVIIIe siècles, avant que le château, délabré, ne soit vendu en 1859 à François Planchou, maire de Masclat. Les transformations architecturales (façades, dépendances) aux XVIIIe–XIXe siècles, ainsi que la troncation des tours, altérèrent son aspect médiéval. Classé Monument Historique en 2007, il incarne aujourd’hui un patrimoine quercynois marqué par les rivalités féodales et les mutations religieuses.
L’édifice, de plan en H, conserve des vestiges des XIIIe–XIVe siècles (tours carrées, caves) et des adjonctions Renaissance. Les dépendances, dont une construite avec les pierres du prieuré de Camilnel, témoignent de réutilisations locales. La révocation de l’édit de Nantes (1685) pourrait expliquer le déclin démographique de Masclat, lié à l’exode des protestants comme les Vervaix.
Les sources historiques (dénombrements de 1504, actes notariés) révèlent une seigneurie morcelée entre plusieurs lignées, reflétant les stratégies matrimoniales et les conflits de pouvoir en Quercy. Le château, passé aux mains de bourgeois comme les Planchou, fut restauré après 1859, évitant une ruine totale. Son inscription récente souligne son rôle dans l’histoire régionale, des croisades albigeoises aux troubles des guerres de Religion.