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Château de Masclat dans le Lot

Château de Masclat

  • 102 Rue de l'Église
  • 46350 Masclat
46350 Masclat, France

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Construction initiale
1355–1362
Occupation anglaise
1463
Conflit Vervaix vs Pons
1577
Prise de Nabirat
XVe–XVIe siècles
Extensions architecturales
1685
Révocation édit de Nantes
1726
Refus d’hommage
1859
Vente aux enchères
2007
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Bertrande de Masclat - Dame de Masclat (XIVe s.) Lègue le château par testament en 1397.
Jean de Vervaix - Seigneur (XVe–XVIe s.) Agrandit le château et conflit avec Guy de Pons.
François de Vervaix - Seigneur protestant (XVIe s.) Prend le château de Nabirat en 1577.
Gabriel Aldon de Fontanges - Coseigneur (XVIIe s.) Testament en 1674 pour inhumation à Masclat.
Jacques de Lantron de Saint-Hubert - Seigneur (XVIIIe s.) Refuse hommage au duc de Noailles en 1726.
François Planchou - Maire-acheteur (XIXe s.) Rachète et restaure le château en 1859.

Origine et histoire

Le château de Masclat, implanté dans le Quercy sur la commune éponyme, trouve ses origines au XIIIe siècle sous la seigneurie des Cardaillac, qui érigèrent probablement la tour centrale du corps de logis. La vicomté de Carlux, dont dépendait Masclat, fut cédée en 1251 aux vicomtes de Turenne, intégrant le château dans un réseau féodal complexe. Au XIVe siècle, la seigneurie passa aux mains des Thémines puis des Ithier de Concorès par alliances matrimoniales, avant d’être occupée par les Anglais entre 1355 et 1362, reflétant les turbulences de la guerre de Cent Ans.

Au XVe siècle, la seigneurie se fragmenta entre plusieurs familles : les d’Auriole (issus du mariage de Peyronne de Lopdat avec Fréno d’Auriole), les Vervaix (par l’union de Sébélic de Lopdat avec Jean de Vervaix), et les Blanchefort. Jean de Vervaix, coseigneur au début du XVIe siècle, serait à l’origine des ailes nord-est et des tours rondes, marquant une phase de reconstruction majeure. Le château devint aussi un enjeu religieux lors des guerres de Religion, avec François de Vervaix, protestant, s’emparant du château de Nabirat en 1577.

À partir du XVIIe siècle, la seigneurie se partagea entre les Fontanges (catholiques) et les Vervaix (protestants), ces derniers quittant progressivement la région après la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Au XVIIIe siècle, le déclin démographique local et les dettes seigneuriales conduisirent à la vente du château en 1859 à François Planchou, maire de Masclat, qui entreprit sa restauration. Le monument, inscrit en 2007, porte encore les traces de ses transformations, comme les tours tronquées et les ailes ajoutées aux XVe–XVIe siècles.

Les archives révèlent une histoire marquée par des conflits de pouvoir, comme celui opposant Jean de Vervaix à Guy de Pons, vicomte de Carlux, en 1463, ou le refus d’hommage de Jacques de Lantron de Saint-Hubert au duc de Noailles en 1726. Ces tensions illustrent la résistance des seigneurs locaux face à l’autorité royale croissante, notamment sous Louis XI et Louis XIV. Le château, aujourd’hui privé, conserve des éléments défensifs et résidentiels témoignant de ces époques mouvementées.

La structure actuelle mêle ainsi des vestiges médiévaux (tour centrale) à des ajouts Renaissance (tours rondes, ailes), tandis que les dépendances des XVIIe et XIXe siècles complètent l’ensemble. Les sources soulignent aussi son rôle dans la vie religieuse locale, comme en attestent les testaments de Bertrande de Masclat (1397) ou de Gabriel Aldon de Fontanges (1674), souhaitant être inhumés dans l’église de Masclat.

Enfin, les ventes successives (notamment en 1859 pour 14 000 francs) et les restaurations ultérieures reflètent les mutations économiques et sociales du Quercy, passant d’une seigneurie féodale à un patrimoine communal. L’inscription aux monuments historiques en 2007 a permis de préserver ce témoin des luttes seigneuriales et des évolutions architecturales quercynoises.

Liens externes

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