Origine et histoire du Château de Maulevrier
Le château de Maulévrier est un ancien château fort reconstruit au XVIe siècle, centre de la seigneurie puis du marquisat de Maulévrier, situé sur la commune de Melay en Saône-et-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté. Il fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 24 janvier 1991 ; seules les façades et toitures, y compris les soubassements, les fossés, le pont dormant, l’escalier tournant et la porte à claire-voie du XVIe siècle sont protégés. Le château se trouve dans la région du Brionnais, à la lisière des bois de Bagneaux et de la Goutte.
Du XIe siècle jusqu’au début du XIVe siècle, la terre appartient à l’abbaye Saint-Rigaud. Au XIVe siècle, la famille de Lespinasse y installe un rendez-vous de chasse, ultérieurement transformé en maison forte. En 1502, par mariage, le domaine revient à Jean de la branche des Damas de Marcilly. En 1562, Philippe de Damas est assassiné au château, qui est alors détruit. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, la sœur de Philippe, épouse de Denys de Savary, entreprend la reconstruction ; son héritière Marguerite de Savary achève l’aile droite, comme l’atteste une plaque de marbre encore visible. En 1625 la terre est érigée en marquisat pour François de Savary, ambassadeur d’Henri IV à Constantinople ; il meurt en 1628 sans postérité. En 1643, Camille de Savary vend le fief à Hector Andrault de Langeron, baron d’Oyé, et la famille Andrault de Langeron en hérite ensuite de père en fils. François Andrault de Langeron (†1715) aménage la pièce centrale en salle de bal ; lui succèdent Jean-Baptiste Andrault de Langeron, marquis de Maulévrier (1677-1754), puis Charles-Claude Andrault de Langeron (1720-1792). En 1754, Geneviève-Adélaïde Andrault de Langeron, fille cadette du précédent, hérite du domaine ; lors de la Révolution les tours sont rasées ou décapitées et une partie de l’aile droite, qui abritait la chapelle, est abattue, sans que la famille perde ses biens. En 1802 Geneviève-Adélaïde épouse Louis Stanislas Kostka de La Trémoïlle ; à sa mort en 1829 la propriété revient à ses petits-neveux Léonce, marquis de Vogüé (1805-1877) et Charles-Louis de Vogüé (né en 1808). À la fin du XIXe siècle, Melchior de Vogüé (1829-1916), fils de Léonce et académicien, hérite du domaine. Au XXe siècle, la propriété appartient à la comtesse Amédée d’Andigné, descendante de l’académicien. Sont signalées les armoiries des Damas, de La Trémoïlle et des Vogüé.
Construite entièrement en briques, la demeure forme un bâtiment en U composé d’un corps principal rectangulaire et de deux ailes en retour d’équerre d’inégale importance. La chapelle se trouvait dans l’aile qui a été démolie en 1793. Le corps principal, l’aile gauche et le pavillon carré qui les relie sont couverts de toits à croupes ; les fenêtres primitives, à croisillon de pierre sans moulure, ont été obturées, vraisemblablement au XVIIe siècle, puis remplacées par de grandes baies rectangulaires dont plusieurs ont été bouchées ou modifiées. Au centre de la façade sur cour s’ouvre une porte encadrée de pilastres surmontés de triglyphes et d’un entablement à modillons, surmontée d’un fronton cintré orné d’un écu soutenu par deux anges ailés. À l’extrémité de cette façade, une porte en plein cintre donne accès à un passage voûté d’arêtes. L’aile droite présente la même élévation mais est couverte d’un toit brisé ; elle s’appuie sur une construction plus haute, coiffée d’un toit à deux versants, qui paraît constituer un vestige de la forteresse médiévale. Des ruptures dans les assises de pierre témoignent de remaniements successifs. Les appartements sont desservis par de beaux escaliers de pierre « rampe sur rampe ». L’ensemble est séparé de la basse-cour par un fossé franchi par un pont de pierre menant à une porte charretière sans couvrement. De l’enceinte subsistent seulement les bases des murailles et des tours rondes à bases légèrement talutées qui flanquaient ses angles. Les communs en L comprennent un logis couvert d’un toit brisé, vraisemblablement contemporain de l’aile droite, et des locaux agricoles percés de larges portes charretières à arc en anse de panier. Les illustrations montrent la façade du château, les communs et les vestiges de l’enceinte.