Château de Maulevrier à Melay en Saône-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château Médiéval et Renaissance

Château de Maulevrier

  • Mau Lévrier, Le Bourg
  • 71340 Melay
Château de Maulevrier
Château de Maulevrier
Château de Maulevrier
Château de Maulevrier
Crédit photo : Jackydarne - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Propriété de l'abbaye
XIVe siècle
Transformation en maison forte
1502
Changement de propriétaire
1562
Destruction du château
1625
Érection en marquisat
Seconde moitié du XVIe siècle
Reconstruction du château
1793
Démolition de l'aile droite
1991
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures, y compris les soubassements ; fossés ; pont dormant ; escalier tournant et porte à claire-voie du XVIe siècle (cad. L 27, 28, 299) : inscription par arrêté du 24 janvier 1991

Personnages clés

Jean de Damas Héritier du domaine en 1502.
Philippe de Damas Propriétaire assassiné en 1562.
Denys de Savary Époux de la sœur de Philippe de Damas, responsable de la reconstruction.
Marguerite de Savary Héritière ayant achevé l’aile droite.
François de Savary Ambassadeur d’Henri IV, premier marquis de Maulévrier.
François Andrault de Langeron Aménage la pièce centrale en salle de bal.
Jean-Baptiste Andrault de Langeron Marquis de Maulévrier au XVIIIe siècle.
Charles-Claude Andrault de Langeron Propriétaire du château jusqu'en 1792.
Geneviève-Adélaïde Andrault de Langeron Héritière du domaine pendant la Révolution.
Melchior de Vogüé Académicien et héritier du domaine à la fin du XIXe siècle.

Origine et histoire du Château de Maulevrier

Le château de Maulévrier est un ancien château fort reconstruit au XVIe siècle, centre de la seigneurie puis du marquisat de Maulévrier, situé sur la commune de Melay en Saône-et-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté. Il fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 24 janvier 1991 ; seules les façades et toitures, y compris les soubassements, les fossés, le pont dormant, l’escalier tournant et la porte à claire-voie du XVIe siècle sont protégés. Le château se trouve dans la région du Brionnais, à la lisière des bois de Bagneaux et de la Goutte.

Du XIe siècle jusqu’au début du XIVe siècle, la terre appartient à l’abbaye Saint-Rigaud. Au XIVe siècle, la famille de Lespinasse y installe un rendez-vous de chasse, ultérieurement transformé en maison forte. En 1502, par mariage, le domaine revient à Jean de la branche des Damas de Marcilly. En 1562, Philippe de Damas est assassiné au château, qui est alors détruit. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, la sœur de Philippe, épouse de Denys de Savary, entreprend la reconstruction ; son héritière Marguerite de Savary achève l’aile droite, comme l’atteste une plaque de marbre encore visible. En 1625 la terre est érigée en marquisat pour François de Savary, ambassadeur d’Henri IV à Constantinople ; il meurt en 1628 sans postérité. En 1643, Camille de Savary vend le fief à Hector Andrault de Langeron, baron d’Oyé, et la famille Andrault de Langeron en hérite ensuite de père en fils. François Andrault de Langeron (†1715) aménage la pièce centrale en salle de bal ; lui succèdent Jean-Baptiste Andrault de Langeron, marquis de Maulévrier (1677-1754), puis Charles-Claude Andrault de Langeron (1720-1792). En 1754, Geneviève-Adélaïde Andrault de Langeron, fille cadette du précédent, hérite du domaine ; lors de la Révolution les tours sont rasées ou décapitées et une partie de l’aile droite, qui abritait la chapelle, est abattue, sans que la famille perde ses biens. En 1802 Geneviève-Adélaïde épouse Louis Stanislas Kostka de La Trémoïlle ; à sa mort en 1829 la propriété revient à ses petits-neveux Léonce, marquis de Vogüé (1805-1877) et Charles-Louis de Vogüé (né en 1808). À la fin du XIXe siècle, Melchior de Vogüé (1829-1916), fils de Léonce et académicien, hérite du domaine. Au XXe siècle, la propriété appartient à la comtesse Amédée d’Andigné, descendante de l’académicien. Sont signalées les armoiries des Damas, de La Trémoïlle et des Vogüé.

Construite entièrement en briques, la demeure forme un bâtiment en U composé d’un corps principal rectangulaire et de deux ailes en retour d’équerre d’inégale importance. La chapelle se trouvait dans l’aile qui a été démolie en 1793. Le corps principal, l’aile gauche et le pavillon carré qui les relie sont couverts de toits à croupes ; les fenêtres primitives, à croisillon de pierre sans moulure, ont été obturées, vraisemblablement au XVIIe siècle, puis remplacées par de grandes baies rectangulaires dont plusieurs ont été bouchées ou modifiées. Au centre de la façade sur cour s’ouvre une porte encadrée de pilastres surmontés de triglyphes et d’un entablement à modillons, surmontée d’un fronton cintré orné d’un écu soutenu par deux anges ailés. À l’extrémité de cette façade, une porte en plein cintre donne accès à un passage voûté d’arêtes. L’aile droite présente la même élévation mais est couverte d’un toit brisé ; elle s’appuie sur une construction plus haute, coiffée d’un toit à deux versants, qui paraît constituer un vestige de la forteresse médiévale. Des ruptures dans les assises de pierre témoignent de remaniements successifs. Les appartements sont desservis par de beaux escaliers de pierre « rampe sur rampe ». L’ensemble est séparé de la basse-cour par un fossé franchi par un pont de pierre menant à une porte charretière sans couvrement. De l’enceinte subsistent seulement les bases des murailles et des tours rondes à bases légèrement talutées qui flanquaient ses angles. Les communs en L comprennent un logis couvert d’un toit brisé, vraisemblablement contemporain de l’aile droite, et des locaux agricoles percés de larges portes charretières à arc en anse de panier. Les illustrations montrent la façade du château, les communs et les vestiges de l’enceinte.

Liens externes