Origine et histoire du Château de Maulnes
Le château de Maulnes, situé à Cruzy-le-Châtel en Bourgogne-Franche-Comté, est un château Renaissance construit entre 1566 et 1573 sur un plan pentagonal inédit en France. Commandé par Antoine de Crussol, duc d'Uzès, et son épouse Louise de Clermont, il est conçu autour d’un escalier central et d’un puits alimenté par trois sources. Ce monument, classé dès 1942, se distingue par son architecture audacieuse, mêlant influences italiennes et fonctionnalités pratiques comme des bains et une étuve.
Le site, occupé depuis le Néolithique, abritait autrefois une motte castrale détruite en 1414 lors des conflits bourguignons. Au XVIe siècle, le couple ducal, proche de Catherine de Médicis, y érige un relais de chasse et un centre de gestion forestière, reflétant leur pouvoir. Le chantier, mené malgré les guerres de Religion, s’achève en 1573, année de la mort d’Antoine de Crussol. Le château, peu occupé, tombe en désuétude avant d’être transformé en verrerie aux XVIIIe–XIXe siècles.
Abandonné au XXe siècle, Maulnes est racheté en 1997 par le Conseil départemental de l’Yonne. Depuis, des fouilles archéologiques et des restaurations ont révélé ses particularités : un nymphée, des jardins en terrasses, et un système hydraulique complexe. Ouvert au public depuis 2005, il propose des visites immersives et des événements culturels, tout en poursuivant sa restauration. Son architecture, inspirée des traités italiens (comme ceux de Sebastiano Serlio), reste une énigme, sans certitude sur son architecte.
Les recherches récentes ont mis en lumière des décors peints dans les bains, évoquant des scènes mythologiques, et un jardin conçu comme une extension symbolique du château. Classé Monument Historique, Maulnes incarne l’alliance entre innovation technique, esthétique Renaissance et fonction utilitaire, tout en posant des questions sur ses origines et ses usages passés.
Aujourd’hui, le château est un lieu de médiation culturelle, avec des animations pour enfants, des concerts, et des reconstitutions historiques. Les jardins, restaurés en 2025, offrent une interprétation contemporaine de leur tracé d’origine, tandis que les fouilles se poursuivent pour percer les mystères de ce « palais en forêt », témoin méconnu de l’histoire bourguignonne.