Frise chronologique
XIIIe siècle
Fondation du château
Fondation du château
XIIIe siècle (≈ 1350)
Construction initiée par Guiriaudus de Mauricius.
XIVe siècle
Poursuite des travaux
Poursuite des travaux
XIVe siècle (≈ 1450)
Embellissement lié au pastel.
1526
Mariage Rabastens-Arpajon
Mariage Rabastens-Arpajon
1526 (≈ 1526)
Modification du projet architectural initial.
XIVe et XVe siècles
Extension et embellissement
Extension et embellissement
XIVe et XVe siècles (≈ 1550)
Enrichi par le commerce du pastel.
1586
Destruction partielle
Destruction partielle
1586 (≈ 1586)
Chemin de ronde endommagé (guerres de Religion).
1595
Siège par le duc de Joyeuse
Siège par le duc de Joyeuse
1595 (≈ 1595)
La *brèche* sud-est reste non reconstruite.
XVIe siècle
Dégâts pendant les guerres de Religion
Dégâts pendant les guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Chemin de ronde détruit par les catholiques.
1960
Acquisition par Bernard Bistes
Acquisition par Bernard Bistes
1960 (≈ 1960)
Début de la rénovation et expositions.
1962
Rachat par Bernard Bistes
Rachat par Bernard Bistes
1962 (≈ 1962)
Début de la restauration en maison d’artiste.
1972
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1972 (≈ 1972)
Protection officielle du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. D 107) : inscription par arrêté du 15 décembre 1972
Personnages clés
| Guiriaudus de Mauricius - Fondateur du château |
Initiateur de la construction au XIIIe siècle. |
| Bertrand de Rabastens - Propriétaire protestant |
Cible des catholiques pendant les guerres. |
| Jacques de Rabastens - Seigneur (XVIe siècle) |
Époux de Marie d’Arpajon, modifie le château. |
| Bernard Bistes - Peintre et propriétaire depuis 1960 |
Rénovateur et exposant actuel. |
Origine et histoire
Le château de Mauriac, situé à Senouillac dans le Tarn (Occitanie), trouve ses origines au XIIIe siècle sous l’impulsion de Guiriaudus de Mauricius, probablement lié aux Templiers. Sa construction se poursuit aux XIVe et XVe siècles, enrichie par les revenus du pastel, cette plante tinctoriale qui fit la fortune du pays de Cocagne. Le château adopte alors un plan rectangulaire autour d’une cour de 400 m2, flanquée de tours crénelées et de fenêtres à meneaux, reflétant son double rôle défensif et résidentiel. Les canonnières et meurtrières témoignent de son adaptation aux armes à feu, tandis que les décors sculptés (cariatides, cheminées monumentales) trahissent une volonté d’ostentation.
Au XVIe siècle, le château devient un enjeu des guerres de Religion. Son propriétaire, Bertrand de Rabastens (protestant), voit le chemin de ronde partiellement détruit par les catholiques en 1586. En 1595, le duc de Joyeuse assiège et endommage la partie sud-est, laissant une brèche jamais reconstruite. La famille de Rabastens, alliée aux Arpajon par le mariage de Jacques de Rabastens avec Marie d’Arpajon en 1526, modifie alors le projet initial : l’aile ouest est décrochée, et une loggia remplace le chemin de ronde au XVIIe siècle, marquant son évolution vers une demeure plus résidentielle. Les séchoirs à pastel, ancrés au rempart sud, rappellent l’économie locale.
Épargné par la Révolution malgré un ordre de démantèlement en 1794, le château est transformé en exploitation agricole après les guerres. Depuis 1962, le peintre Bernard Bistes en est propriétaire et entreprend une restauration ambitieuse, réinventant ses intérieurs en maison d’artiste. Les façades et toitures sont protégées depuis 1972 (inscription aux Monuments historiques). Aujourd’hui, le château allie vestiges médiévaux (oubliettes, mâchicoulis) et créations contemporaines, tout en dominant la vallée de la Saudronne, au cœur du vignoble gaillacois.
L’architecture du château révèle des campagnes de construction distinctes : l’angle sud-ouest (XIVe siècle) avec ses arcs en accolade, l’aile ouest remaniée au XVIe siècle, et les aménagements résidentiels des XVIIe et XXe siècles. Les matériaux — pierre sculptée, enduit peint en faux appareil, carrelages anciens — ainsi que les systèmes défensifs (herse, hourds) illustrent son évolution. Les traces de trois reprises sur le rempart sud attestent des adaptations successives, tandis que la salle des gardes (piliers en bois, carrelage d’origine) et la cuisine (cheminée à cariatides) conservent leur atmosphère médiévale.
Le château de Mauriac incarne aussi les tensions religieuses de la région : bastion protestant aux XVIe siècle, il abrite temporairement une garnison catholique en 1586. Son histoire se mêle à celle des familles nobles locales (Rabastens, Arpajon, Raimond) et à l’économie du pastel, avant de devenir un symbole de la renaissance patrimoniale grâce à Bernard Bistes. Les éléments protégés (façades, toitures) et les vestiges comme la brèche ou les oubliettes en font un témoignage rare des châteaux templiers transformés en résidences seigneuriales.